Montholon avait sollicité le grade de général de division auprès de Louis-Philippe, en 1834. Refusé. Il avait alors saisi le Conseil d'Etat qui avait rejeté son recours, en 1836. Ce qui ne l'a pas empêché de se faire peindre avec l'uniforme et les 3 étoiles de général de division.
Bah, il méprisait la famille Orléans de tte façon et devait compter sur la chance pour obtenir ce qu'il voulait. Car, ruiné, il avait remarqué que d'anciennes connaissances étaient employées au min. de la guerre et avait cru pouvoir bénéficié de leur aide pour faire avaler la couleuvre. Sans le sou, il essayait de tirer la couverture d'où il pouvait. Cette histoire n'a pas grand chose à voir avec son supposé meurtre. Mais elle montre que, comme en de beaucoup de choses, Montholon a tout fait de travers. Il se joint à un monarché déchu alors que tout le monde fait la girouette. Il investie toute sa fortune dans quelques investissements qui tournent mal; alors qu'il aurait dû les diversifier, comme tout investisseur moyen saurait le faire. Il refuse de s'aligner sur la monarchie de Louis-Philippe par principes (ses anciens copains n'auront aucuns scrupule à devenir orléanistes). A un âge avancé, il s'associe aux complots et aventures avec le prince Napoléon, et échoue encore une fois en prison. Résultat, c'est un sacré bonhomme, qui surtout aura manqué de chance ou de vision dans ses choix financiers et politiques.
Il a donc recommencé auprès de Napoléon III. Ce loustic a brassé des millions, il ne faut pas l'oublier...
Oui et il les a tous perdus. Que cela vous apprend-t-il? Qu'il a assassiné Napoléon... et que le petit neveu le savait et se serait tu...?
Donc, peut-être pas un assassin, mais là à en faire un saint, vous repasserez...
Personne n'en a fait un saint ici, que je sache. Mais personne ne le fait un assassin juste parce qu'il faut trouver un assassin pour soutenir une théorie bancale, et sans le moindre soupçon de preuve à cet égard.
Napoléon III ne lui a transmis que de petites sommes.
Le sieur Montholon était devenu un embarras pour tout le monde. Idem le comte Léon et d'autres. Ils se sont tous pressés à la porte de Napoléon III pour des faveurs. Si Montholon a réussi à percevoir qqs sommes, eh bien il aura réussi là où d'autres avaient échoué.
Même pas les 56 000 FR alloués à Gourgaud !
Alors c'était donc lui l'assassin !
Sans rire, je crois me souvenir que Gourgaud n'a plus trempé dans quoi que ce soit après la chute de Louis-Philippe. Il était déjà bien nanti et n'avait besoin de rien. Je le vois mal réclamé une somme au prince président, et meurt de tte façon 6 mois après le coup d'état du 2 décembre. A peine le temps pour une démarche administrative d'aboutir.Bref, tout ceci ne sont que des suppositions, certes faciles à sortir compte tenu de la personalité de Montholon. Mais de là à en faire un assassin...
Cher ClaudeM
Après une petite diversion chez Louis-Philippe et la IIè République, nous voilà de retour à Ste Hélène.
Mais il me semble avoir lu que Montholon aurait empoisonné Napoléon car il ne pouvait partir de Ste Hélène avant la mort de Napoléon. Ce qui est évidemment faux, puisque le remplacement de l'entourage de l'empereur était envisagé à brève échéance.
Exact. Pour résumé, il y a 2 variantes de la thèse empoisonnement. Celle de Weider qui dit que Montholon était un assassin à la solde des Bourbons (sans aucune preuve bien entendu). Et celle de Maury (soutenue par un descendant de Montholon) qui dit que Montholon ne voulait pas le tuer mais seulement l'affaiblir et le rendre suffisamment malade pour le faire renvoyer en Europe. Et que Napoléon est mort du fait qu'il a pris de l'émétique (à base d'antimoine) le 17 mars 1821, ce qui aurait provoqué (selon la méthode Brinvilliers) une réaction avec l'arsenic (mort-aux-rats) que le sommelier Montholon mettait dans son vin (car, bien entendu, on suppose que c'était Montholon seul qui avait les clefs de la cave à vin, et que seul il passait son temps à mettre le vin en bouteille). Je vous laisse apprécier les élucubrations. Mais, pour le bénéfice de ce forum, voici qqs points de détails :
- Napoléon avait déjà pris de l'émétique et du calomel en juin 1818, et n'en était pas mort
- pas mal de gens avaient accès à la cave à vin: Reade, le maitre d'hôtel, et certains domestiques car ils faisaient du trafic/troc avec le camp de Deadwood
- le vin de Constance vient déjà en bouteille bien fermées depuis le XVIIIè siècle; on n'a pas besoin de le transvider d'un tonneau vers des bouteilles
- Napoléon fait don d'un grand nombre de ses bouteilles à madame de Montholon lors de son départ, et non d'un tonneau
Ou, comme l'a rappelé Albertuk, il pouvait préférer attendre l'éventuel retour d' Albine...
Evidemment. A Ste Hélène, Montholon s'est trouvé un rôle, une importance. Pourquoi se serait-il pressé à l'abandonner si sa famille allait revenir, comme c'était l'intention?



