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Les réfutations de Mac Carthy et le rapport du D Stéphany

Doit-on exhumer Napoléon aux fins d'analyses scientifiques ? Se trouve-t-il bien aux Invalides ? A-t-il été empoisonné ? En pleine vague napoléonienne, ces questions ressurgissent.

Les réfutations de Mac Carthy et le rapport du D Stéphany

Messagede MEAUX » Ven 20 Août 2004 : 11:55

Le Colonel Mac Carthy dans son article “Les cendres de l’Empereur sont-elles aux Invalides” réfute catégoriquement la thèse émise en 1969 par Georges Rétif de La Bretonne.
Les points qui ont trait à la description du corps de l’Empereur Napoléon I enseveli le 9 mai 1821 et celle du corps exhumé le 15 octobre 1840, ainsi que les différentes constatations, sont ici discutés à l’aide du rapport rédigé par le médecin légiste Stéphany.

1. “Il est certain que le 7 mai 1821 la décomposition avait commencé son oeuvre; de nombreux témoins l’attestent”.
En effet, le Docteur Antommarchi constate et reprend dans son rapport d’autopsie: “ Une distension du péritoine produite par une grande quantité de gaz”. Le docteur Stéphany souligne ce fait comme : “ Un phénomène caractéristique d’un commencement des phénomènes habituels de putréfaction”.
On peut y ajouter les constatations et commentaires du Général Bertrand ainsi que du valet de l’Empereur, Marchand; les traits du visage se dégradèrent rapidement et une odeur pestilentielle envahit les lieux.
Darroch, confirme la mauvaise odeur et la dégradation des traits.

Le corps est donc en état de décomposition en mai 1821.
2. Au moment de l’ouverture du cercueil et pour reprendre les termes du docteur Guillard :“Le corps était bien conservé”
Remarque pertinente du chirurgien major Guillard qui s’attendait selon le rapport d’autopsie et d’inhumation, à retrouver dans un autre état le corps exhumé . D’ailleurs quelques précautions d’usage sont prises avant l’ouverture des cercueils. (Extraction des gaz latents à l’aide d’un soufflet).
Le docteur Stéphany s’étonne, lui aussi, de l’état du corps exhumé.
Effectivement, à la lecture de son rapport, les conditions exceptionnelles naturelles et artificielles ne sont pas rencontrés.

Artificielles:

- Antommarchi ne cite pas dans son rapport l’usage de produits susceptibles d’arrêter le processus de putréfaction.
- Les liqueurs aromatiques même éventuellement à base d’arsenic, utilisées pour le lavement interne et externe du corps de l’Empereur ne sont pas suffisamment efficaces pour stopper le processus de putréfaction.
- L’emploi de créosote avancé par certains, comme le colonel Pol-Payard se révèle impossible, sa formule n’étant mise au point qu’en 1831.
- L’embaumement est un procédé de conservation à rejeter. A l’époque, la méthode dite de Gannal n’est qu’à ses balbutiements. Les résultats ne seront concluants qu’en 1879, par l’utilisation du formol. La méthode “habituelle” d’embaumement enseignée dans les écoles de chirurgie de l’époque et expliquée dans l’ouvrage du Professeur Royal en Anatomie Sue¹ , fait appel à des incisions aux niveaux des membres, au retrait de la totalité des viscères,… . Ce procédé demande du temps et du matériel. L’autorisation d’embaumement ne fut pas accordée par les autorités Britanniques selon le valet de l’Empereur, Marchand.

Naturelles:

Les cas cités les plus vraisemblables seraient la déshydratation par la chaleur sèche et le processus de transformation en adipocire.
Selon le docteur Stéphany les conditions ne sont pas rencontrées pour que ces deux processus soient considérés.

- Pour le cas de la déshydratation et parcheminement des tissus de la peau par exposition à une chaleur sèche, ce processus demande une température au- dessus des 40°C. (exemple: momies découvertes dans les régions désertiques).
- Pour le cas du processus de transformation en adipocire, l’humidité doit être intense ou bien le corps est immergé dans l’eau. ( exemple: corps retrouvés dans des grottes ou dans des tourbières). Le chirurgien major Guillard constate lors de l’ouverture du caveau: “…çà et là quelques traces d’humidité”.

Le corps de l’Empereur n’ayant pas connu ces différents phénomènes, il est logique que le processus de putréfaction se poursuive.
3. “Ce n’est point ici le lieu d’examiner les causes nombreuses qui ont pu arrêter à ce point la décomposition des tissus, mais nul doute que l’extrême solidité de la maçonnerie du tombeau et les soins apportés à la confection et à la soudure des cercueils métalliques n’aient contribué à produire ce résultat”.

Rien arrête le processus de putréfaction lorsque le corps inhumé ne rencontre pas des conditions particulières. La cause de la putréfaction est le développement des bactéries anaérobies puisant leur oxygène dans les tissus.

4. “L’ablation, lors de l’autopsie, de quelques organes particulièrement putrescibles”.

Deux organes ont été retirés, le coeur et l’estomac. Le reste des viscères et organes internes sont après l’autopsie restés dans le corps, à savoir: les poumons, le foie, la rate, le pancréas, les intestins, les reins, la vessie,… . Ceux-ci sont tout autant putrescibles.

5. “Le fait que, depuis plusieurs jours avant sa mort, le malade ne se nourrissait plus que de liquides et de sirops sucrés et que, par conséquent, ses viscères devaient être à peu près vides”.

Cela ne déroge en rien à la continuité du processus de putréfaction.

6. “J’ajoute que j’ai eu le triste devoir, pendant ma carrière d’officier, de procéder plusieurs fois à des exhumations de militaires tués au combat et enterrés dans les pires conditions. J’ai souvent constaté des conservations de corps apparemment inexplicables”.

Vraisemblablement des cas de transformation en adipocire, mais les éléments donnés ici sont insuffisants pour en tirer de quelconques conclusions.


Il a été constaté unanimement que:
Le corps est donc en état de décomposition en mai 1821.

Il a été expliqué à l’aide du rapport du médecin légiste Stéphany que:
Le corps de l’Empereur n’ayant pas connu les phénomènes susceptibles d’arrêter le processus de putréfaction, il est logique que ce dernier se poursuive.

La conclusion retirée du rapport du docteur Stéphany est explicite:

L’état du cadavre tel qu’il est décrit par le docteur Guillard en octobre 1840, n’est pas la suite logique de l’état du corps examiné par le docteur Antommarchi en mai 1821.
En effet, nous n’avons aucune raison de croire que le phénomène de putréfaction observé en mai 1821 ait été interrompu par des évènements naturels et artificiels”.
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Messagede Bruno Roy-Henry » Mar 15 Septembre 2015 : 11:36

Il serait judicieux que les biologistes du forum nous donnent leur avis, à propos des réflexions du rédacteur très pertinentes. Curieusement, cette pièce n'a jamais été commentée... :salut:
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