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Messagede la remonte » Ven 30 Décembre 2016 : 11:09

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sur cette représentation de la bataille des Arapiles , on voit très bien le rôle des tirailleurs , cependant celui ci n'est -il pas empêché par leurs homologues d'en face devenant ainsi un duel entre eux ?
ou alors et c'est peut être ce que le peintre a représenté côté anglais , il yavait une deuxième ligne qui tirait par dessus les hommes à genoux , atteignant ainsi les lignes ennemies ?
merci d'éclairer mon ignorance à ce sujet :salut:
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Messagede la remonte » Ven 30 Décembre 2016 : 13:39

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sur cette reprise du tableau de Dumoulin , on voit un peu partout les corps de soldats anglais ; des tirailleurs :idea: descendus assez bas dans la plaine et qui sont devenus du petit gibier pour la cavalerie . il leur fallait avant tout jouer avec le relief pour prendre appui et tirer à loisir pour être efficace et espérer s'en tirer . :idea:
les tirailleurs sont définis comme corps d'élite . devaient donc faire esprit d'initiative et de débrouillardise :?
à Waterloo comme à Iéna , ce sont les corps de fermes qui les protégeront le plus .
curieux que l'artillerie lourde n'est pas cherchée à nettoyer davantage ces foyers de résistances ?
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Messagede Maria Kel » Ven 30 Décembre 2016 : 13:51

Vous titillez ma curiosité sur cette histoire d'artillerie :razz:
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Messagede la remonte » Ven 30 Décembre 2016 : 14:08

la boue sans doute :roll:
à Iéna , les Prussiens comme les Français face à la Haie Sainte ou Hougoumont : " Les onze bataillons s’ébranlèrent en échelons, la gauche en avant vers Vierzenheiligen, la droite, sur le bois de Holschen et la forêt d’Isserstedt. Prolongeant leur droite, les deux bataillons Erichsen et Rosen se portaient sur le village d’Isserstedt. En seconde ligne et en réserve, s’avançaient les 9 bataillons des brigades Dyherrn et Cerrini ainsi que 38 escadrons, dont la plupart, sur l’ordre de Hohenlohe, venaient de se replier des abords de Vierzenheiligen, où ils essuyaient sans utilité le feu des tirailleurs français.

Ces masses marchent sous la mitraille et sous les balles, plus meurtrières encore, des tirailleurs, avec le même ordre, la même régularité, la même superbe qu’à la parade. "
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Messagede Bastet » Ven 30 Décembre 2016 : 16:16

Ah!la beauté du vocabulaire ! Ah! la beauté de l'action! "nettoyer" davantage ces foyers de résistances ....Ces masses marchent sous la mitraille et sous les balles, plus meurtrières encore, des tirailleurs, avec le même ordre, la même régularité, la même superbe qu’à la parade.

" Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque.

Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d'aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village voisin ; il était en cendres : c'était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d'autres, à demi brûlées, criaient qu'on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.

Candide s'enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des Bulgares, et des héros abares l'avaient traité de même. Candide, toujours marchant sur des membres palpitants ou à travers des ruines, arriva enfin hors du théâtre de la guerre, portant quelques petites provisions dans son bissac, et n'oubliant jamais Mlle Cunégonde. Ses provisions lui manquèrent quand il fut en Hollande ; mais ayant entendu dire que tout le monde était riche dans ce pays-là, et qu'on y était chrétien, il ne douta pas qu'on ne le traitât aussi bien qu'il l'avait été dans le château de monsieur le baron avant qu'il en eût été chassé pour les beaux yeux de Mlle Cunégonde."

Autre regard sur la soi-disant beauté de la guerre :lol:

" Alors que les commémorations des derniers jours de Napoléon et de sa défaite à Waterloo voici deux siècles occupent une bonne partie de la scène médiatique, la Bibliothèque Royale de Belgique propose de revisiter de façon plutôt originale cet épisode historique.

Demain s’ouvre en plein cœur de Bruxelles, dans la Chapelle de Nassau de la Bibliothèque Royale, une exposition consacrée à la défaite napoléonienne. Son titre interpelle: « La beauté de la guerre. Waterloo 1815-2015 ». « C’est bien entendu une provocation », précise l’historien et artiste Koen Broucke, commissaire de l’exposition.

Les visions romantiques sont une falsification de l’Histoire

The Field of Waterloo, gravé par F.C. Lewis, d’après le tableau de J.M.W. Turner ©Bibliothèque royale de Belgique
The Field of Waterloo, gravé par F.C. Lewis, d’après le tableau de J.M.W. Turner ©Bibliothèque royale de Belgique
«L’exposition aurait dû s’intituler «La beauté de la représentation de la guerre », ou, mieux encore, « L’étonnement de ce que l’art (à l’époque essentiellement la peinture et le dessin) soit capable de transformer en quelque chose de beau, un sujet aussi horrible et cruel que la guerre » », explique l’historien de l’Université d’Anvers (anciennement Faculté universitaire Saint-Ignace d’Anvers) et de la VUB.

« Le raccourci opéré engendre une tension ironique, qui accentue encore le caractère horrible et affreux de la guerre. »

Quant à l'Iliade Alessandro Baricco admet que c'est un monument à la guerre et à sa beauté... c'est que , paraît-il, la guerre est exaltante et procure des émotions vertigineuses. En somme la guerre peut être totalement glamour. :volatilize:
http://www.dailymotion.com/video/xcwb3u ... e-de-l_fun

:salut:
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Messagede la remonte » Ven 30 Décembre 2016 : 16:36

Ces masses marchent sous la mitraille et sous les balles, plus meurtrières encore, des tirailleurs, avec le même ordre, la même régularité, la même superbe qu’à la parade

s'il n'y avait pas un auteur comme Houssaye dans son Iéna pour rappeler ce que fut cette réalité là , comme Tolstoï l'a fait plus tôt dans Guerre et Paix , nous ne connaîtrions jamais ce que fut le stoïcisme de ces hommes là , leur abnégation face au danger . vous trouvez ça moche ou ridicule comme Desproge et les hommes de son temps , moi je trouve ça grand et beau , très beau même . :salut:
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Messagede Bastet » Ven 30 Décembre 2016 : 16:48

Oh! mais vous n'êtes pas le seul à trouver " cà grand et beau, très beau même" et terriblement enivrant aujourd'hui comme hier :volatilize:

Paolo Giordano: "La guerre, cette proximité enivrante de la mort"

"Lors de mon premier séjour en Afghanistan auprès des troupes italiennes, je me suis lié avec un peloton de vingt-cinq soldats. J'ai vécu deux semaines en leur compagnie à l'intérieur d'un avant-poste isolé, au sud du pays, en essayant de me fondre dans leur routine. Ça n'a pas été difficile. Ils avaient plus ou moins le même âge que moi, me ressemblaient un peu, c'étaient des garçons irrévérencieux et manquant d'assurance, souvent plus proches de l'adolescence que des liens étroits de la maturité.

Le soir, avant de nous coucher- tôt-, nous passions deux heures ensemble à siroter du café soluble dans une baraque meublée de tables et de bancs. Une nuit glaciale et silencieuse nous entourait. Les militaires les plus désinvoltes occupaient le devant de la scène. L'un d'eux en particulier, Tony, animait la conversation; en Italie il arrondissait ses fins de mois en faisant du striptease. Il me montra des photos sur lesquelles il figurait, un boa en plumes fuchsia autour du cou, et s'exhiba un soir dans un ballet acrobatique que je filmai avec mon téléphone portable.

Je m'étais présenté au peloton en tant qu'envoyé de Vanity Fair,un choix qui s'était révélé plus que judicieux: les militaires avaient envie d'être interviewés et surtout photographiés pour une revue qui finirait entre les mains d'un grand nombre de filles. Des milliers de kilomètres nous séparaient de la vie normale et de ses pesanteurs, et le conflit armé dans lequel nous étions pourtant plongés semblait tout aussi lointain. J'avais l'impression d'être en suspens. Au lieu d'avoir peur, j'étais extraordinairement vivant, alerte et amène, comme je ne l'avais pas été depuis longtemps.

Le jour où je quittai l'avant-poste, j'éprouvai un élan inattendu de nostalgie. Cela m'inquiéta un peu. [...] Deux semaines après mon retour, pour être exact le dernier jour de l'année, un membre de ce peloton a été tué par une balle. [...] C'est alors que j'ai compris [...] pourquoi je m'étais senti étrangement bien dans cet endroit absurde et pourquoi la guerre possède et possédera toujours pour l'homme- même dans un monde qui se révèle de plus en plus pacifiste- un énorme potentiel d'attraction.

L'énergie qui envahissait mon corps dans l'avant-poste afghan se nourrissait essentiellement de la proximité enivrante de la mort. Elle était à proprement parler un distillat d'adolescence. Et, comme l'adolescence, elle se situait sur le territoire exigu qui sépare l'exubérance du danger. C'est sur ce territoire, je le crois, que germent la plupart des récits de guerre. [...]

La littérature soigne le mal par le mal
Quelque temps après avoir achevé mon livre, j'ai découvert un essai de James Hillman qui décrit tout cela avec précision. Son titre est aussi provocateur que son contenu: A Terrible Love of War,? Un terrible amour de la guerre?. Hillman a attendu la vieillesse pour avouer et explorer avec honnêteté l'élan honteux qu'il éprouvait depuis toujours pour l'action belliqueuse, lui qui n'avait jamais foulé le champ de bataille.

Il avait beau condamner la violence, comme tout homme de bon sens, son coeur abritait le dieu Mars et sa terrible duplicité- une découverte dérangeante qui est à la portée de tout écrivain et peut-être nécessaire pour chacun d'eux. C'est en ce sens que la littérature est également un antidote à la guerre. Non en tant que dénonciation mais, au contraire, en tant qu'adhésion et remède homéopathique. Elle soigne le mal par le mal: la rage par une dose de rage diluée, le fanatisme par une dose de fanatisme diluée, l'atrocité par une dose d'atrocité diluée. [...]"

:salut: :fleur3:
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Messagede Bastet » Ven 30 Décembre 2016 : 19:11

Le côté enivrant de la guerre " abattoir international en folie ", ce géant de la littérature qu'est Céline ne l'a pas vraiment vu :!:

[....] Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? pensais-je. Et avec quel effroi !… Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre, comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidé ment, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croi sade apocalyptique.
On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ?
À présent, j’étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu… Ça venait des profondeurs et c’était arrivé.
Le colonel ne bronchait toujours pas, je le regardais recevoir, sur le talus, des petites lettres du général qu’il déchirait ensuite menu, les ayant lues sans hâte, entre les balles. Dans aucune d’elles, il n’y avait donc l’ordre d’arrêter net cette abomination ? On ne lui disait donc pas d’en haut qu’il y avait méprise ? Abominable erreur ? Maldonne ? Qu’on s’était trompé ? Que c’était des manoeuvres pour rire qu’on avait voulu faire, et pas des assassinats ! Mais non ! « Continuez, colonel, vous êtes dans la bonne voie ! » Voilà sans doute ce que lui écrivait le général des Entrayes, de la division, notre chef à tous, dont il recevait une enveloppe chaque cinq minutes, par un agent de la liaison, que la peur rendait chaque fois un peu plus vert et foireux. J’en aurais fait mon frère peureux de ce garçon-là ! Mais on n’avait pas le temps de fraterniser non plus.
Donc pas d’erreur? Ce qu’on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n’était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu’on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C’était même reconnu, encouragé sans doute par les gens sérieux, comme le tirage au sort, les fiançailles, la chasse à courre !… Rien à dire. Je venais de découvrir d’un coup la guerre tout entière. J’étais dépucelé. Faut être à peu près seul devant elle comme je l’étais à ce moment-là pour bien la voir la vache, en face et de profil. On venait d’allumer la guerre entre nous et ceux d’en face, et à présent ça brûlait ! Comme le courant entre les deux charbons, dans la lampe à arc. Et il n’était pas près de s’éteindre le charbon ! On y passerait tous, le colonel comme les autres, tout mariole qu’il semblait être et sa carne ne ferait pas plus de rôti que la mienne quand le courant d’en face lui passerait entre les deux épaules.
Il y a bien des façons d’être condamné à mort. Ah ! combien n’aurais-je pas donné à ce moment-là pour être en prison au lieu d’être ici, moi crétin ! Pour avoir, par exemple, quand c’était si facile, prévoyant, volé quelque chose, quelque part, quand il en était temps encore. On ne pense à rien ! De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c’est des mots.
Si seulement j’avais encore eu le temps, mais je ne l’avais plus ! Il n’y avait plus rien à voler ! Comme il ferait bon dans une petite prison pépère, que je me disais, où les balles ne passent pas ! Ne passent jamais ! J’en connaissais une toute prête, au soleil, au chaud! Dans un rêve, celle de Saint-Germain précisément, si proche de la forêt, je la connaissais bien, je passais sou vent par là, autrefois. Comme on change ! J’étais un enfant alors, elle me faisait peur la prison. C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.[...] ( Voyage au bout de la nuit)

:salut:
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Messagede la remonte » Ven 30 Décembre 2016 : 20:09

ce que décrit Céline , on le comprend bien . c'est l'inverse qui me surprend .
Reille parlant d'Hougoumont et son conseil à Jérôme de se borner à l'acquis du bois sans aller au delà ; " ... c'était compter sans l'exaltation des soldats , sans leur rage d'étriper les Anglais " , c'est la troupe qui se rue sur les bâtiments d'où elle est fusillée , elle remettra ça toute la journée .
Céline est cavalier en 14 , il est en réserve , démonté il sera blessé en novembre et c'est fini pour lui .

au fait , c'était une question sur les tirailleurs .
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Messagede Bastet » Ven 30 Décembre 2016 : 21:00

Oui, oui j'avais bien lu mais est-ce que les tirailleurs font une autre guerre et meurent autrement que les autres?
"Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs , comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre, comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux !

N'est-ce pas là ce qui peut passer pour de l'exaltation et de la "rage d'étriper" ou d'être étripé ?

Depuis six mille ans de guerre [...]
Notre bonheur est farouche ;
C'est de dire : Allons ! mourons !
Et c'est d'avoir à la bouche
La salive des clairons.

L'acier luit, les bivouacs fument ;
Pâles, nous nous déchaînons ;
Les sombres âmes s'allument
Aux lumières des canons.

Et cela pour des altesses
Qui, vous à peine enterrés,
Se feront des politesses
Pendant que vous pourrirez,

Et que, dans le champ funeste,
Les chacals et les oiseaux,
Hideux, iront voir s'il reste
De la chair après vos os !

Aucun peuple ne tolère
Qu'un autre vive à côté ;
Et l'on souffle la colère
Dans notre imbécillité.

C'est un Russe ! Egorge, assomme.
Un Croate ! Feu roulant.
C'est juste. Pourquoi cet homme
Avait-il un habit blanc ?

Celui-ci, je le supprime
Et m'en vais, le coeur serein,
Puisqu'il a commis le crime
De naître à droite du Rhin.

Rosbach ! Waterloo ! Vengeance !
L'homme, ivre d'un affreux bruit,
N'a plus d'autre intelligence
Que le massacre et la nuit.

On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l'ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes ;
Tuer son frère est plus doux.

On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux ;
L'épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.

Et l'aube est là sur la plaine !
Oh ! j'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté.
V.Hugo

:salut:
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Messagede Fusilier Marc La Bréole » Dim 1 Janvier 2017 : 20:04

Déjà, pour les français comme pour les anglais, l'illustration initiale est imparfaite car il manque les réserves des tirailleurs. :salut:
“S'unir et être solidaires au nom d'une passion, c'est bien beau. Entre les fanas des commémorations et les maniaques de l'histoire vivante...il n'y a rien de plus en commun que le fait de se trouver au même endroit, au même moment.» - Antoine, 25/06/2004
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Messagede Maria Kel » Dim 1 Janvier 2017 : 20:42

Merci pour le détail :salut:
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Messagede fanacyr » Dim 1 Janvier 2017 : 22:41

Houssaye utilise l'expression d'un "essaim de tirailleurs" précédant une attaque d'infanterie en 1815
Je ne sais plus si c'est à propos de Vandamme à St Amand ou d'Erlon à Waterloo
Et là, passant le Pont/passant le Pont ?
La Garde ! / Alors, toute l'armée est Française aujourd'hui ?
d'où vient que l'on ne voit point d'Autrichiens ?/ Ils ont FUI !!!
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Messagede Le suisse » Lun 2 Janvier 2017 : 20:02

L'illustration est fantaisiste car normalement les voltigeurs sont déployés selon leur bataillion respectif pour protéger ses flancs ou l'avancée du bataillon ou la retraite etc, comme le dit justement Marc il n'y a aucune petite et grande réserve. Les voltigeurs devrait pouvoir rejoindre rapidement leur bataillon pour réformer leur peloton mais vu la distance du déploinement ceci me semble difficile.
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Messagede Le suisse » Lun 2 Janvier 2017 : 20:08

La position des binômes est également fausse car il devrait être l'un devant l'autre et non pas l'un à côté de l'autre, surtout sur un terrain aussi découvert. Le voltigeur peut également profiter des abris naturels pour se protéger.
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