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Eylau et Friedland

Reconstitution des batailles

Messagede Saint-Michel » Dim 18 Février 2007 : 17:57

Chere grenadier a cheval!
Il faut que vous telephoniez a notre general pour savoir ou on peut trouver des photos. Pendant la bataille on a eu son operateur personel. J'espere que vous aurez de la chance. Sa secretaire s'apelle Ksenia (Vous l'avez deja vu pres de moi samedi soir) et elle parle bien francais. Elle vous expliquera toutes les detailes.
Votre amicalement, Saint-Michel, 5-me cuirassier.
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Messagede l'Aly » Dim 18 Février 2007 : 21:41

Cher Espagne,

je n'ai personnellement pas beaucoup de photos mais il n'y a aucun probleme voyons pour vous en faire parvenir, quelle idée de penser que je refuserai !
voulez-vous me fâcher ?

L'Aly :fleur3:
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Messagede Juliette » Dim 11 Mars 2007 : 20:34

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Messagede Espagne » Mer 14 Mars 2007 : 00:35

Bonsoir et merci L'Aly ...

... c'est juste que les photos et films étant des transports d'images privées, il ne serait pas anormal que ceux imprimés dessus ne soient pas forcément pour un éparpillement de la chose ... mais j'prends tout c'qu'on m'donne :lol:

:salut:
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Voyage au bout de l'europe

Messagede Cyprien Baranchou » Ven 16 Mars 2007 : 15:34

Voyage au bout de l'Europe
EYLAU – 9 au 13 février 2007

Tout à commencé au point du jour du 9 février, par une prière devant l'avion aléatoire qui nous a (la prière aide, Christophe mon frère) conduit sans encombre dans l'aérogare consacrée à Frédéric Chopin et à Varsovie, qu'elle dessert de très près.
Le voyage, organisé par Est' capade est pour la première fois ouvert aux reconstitueurs, avec un programme permettant d’allier le tourisme à la reconstitution. Mais, comme il faut un début à tout, nous étions seulement deux soldats du brave 18e à avoir rejoint ce groupe. Sous la tutelle des organisateurs de la famille Doillon, il est constitué des habitués d’Est’capade, qui parcourent depuis quatre ans, l'Europe napoléonienne. Thierry Choffat et David Chanteranne, historiens jeunes et dynamiques en diable, prenant vacances de leurs manuscrits et leur rédaction, agrémente nos kilomètres et nos soirées de leurs récits historiques. Toute cette joyeuse bande roule en direction de Bagrationovsk (ex-Preussich-Eylau) à travers un paysage de neige et de glace. La "mornitude" du paysage est interrompue par une architecture typée dès que l'on pénètre dans l'ancienne Prusse orientale. Ce pays est en pleine modernisation et France Télécom, Decaux et autre Michelin sont là pour approuver ce que je viens de dire. La Seconde Guerre mondiale est également très présente et de nombreux monuments périphériques à Varsovie relatent les gloires et souffrances de ce peuple et de l'Europe.
Un repas à Olsztyn (Allenstein, bataille du 3 février 1807) a un horaire un peu décalé auprès d'un joli lac et nous reprenons la route vers le champ de bataille d'Heilberg et un calvaire censé avoir été construit sur la fosse commune (10 juin 1807). La nuit et le froid (-10 degrés) nous rappellent ce qui furent les hivers et laissent présager de ce qui nous attends le lendemain.
Notre but se profile dans le noir, après une immense file de camions, que nous doublons (la voie pour bus touristiques est peu fréquentée). A 23h30 (une heure de perdue car décalage horaire à la frontière et deux heures et demi pour franchir cet ersatz du rideau de fer pour Occidentaux à moitié rassurés), nous pénétrons sur le champ de bataille et dans l'enclave de Kaliningrad (ex-Prusse Orientale) et en Russie. Nous abandonnons un véhicule de quatre français, qui sont aussi paumés que nous, aux mains des douaniers. Quid des facilités de passages de la frontière annoncé par les organisateurs…
En roulant, nous croisons le principal monument (prussien) de la bataille, une colonne gothique éclairée, et nous pénétrons dans Eylau. Après quelques hésitations, dans un décor de banlieue, le bus nous dépose devant une cave servant aux gymnastes locaux et pendant que nos amis d'Est’capade s'éloignent vers leur hôtel trois étoiles, nous rencontrons nos compagnons de nuits, une troupe de polonais. Nous ne sommes pas les plus mal lotis, puisque nous avons une pièce chauffée pour deux…sans compter le rat. Nous ne savons pas où se font les inscriptions censées se clorent à 24hoo, les légionnaires de la Vistule non plus. Enfin, un soldat traite chaque problème en son temps et du fond de nos duvets, le sommeil s'installe dans le doux murmure des Polonais d'a côté (une version longue de la fille du bédoin a l'air de les amuser quelques heures) et de l'eau qui monte jusqu'à nos tapis. Le seul WC et la seule douche, inapprochable pour les êtres sensibles de l'Ouest, sont bouchés et l'on vivra avec trois centimètres d'eau dans les couloirs, jusqu'au dimanche soir, où un employé municipal taciturne viendra nous sauver d'une mort certaine.
Le lendemain, nous partons au hasard des rues enneigées et en ouvrant la porte, les poumons brûlés par le froid, nous suivons notre instinct et parcourons nos premières rues d'Eylau. Du fond de notre cave, nous avons du être projetés dans le temps, mais pas assez, tout au plus 45 ans. Durant notre parcours, nous voyons des petites maisons aux toits de canalites ; un monument allégorique à la gloire de l'armée rouge ; un local de "scouts" avec les statues de petits prétentieux musclés et biens coiffés, style années 50. Ensuite, c'est une usine qui fume sur la crête d'en face (la fameuse église d'Eylau qui a hélas été transformé en ce monument industriel), un demi-cercle de photos de vieux héros couverts de médailles, plus qu'un reconstitueur revenant d'Espagne et enfin, une église à bulbe nous rappelant que la Russie a remplacé l'Union Soviétique. Des boutiques qui n'osent pas s'afficher en rez-de-chaussée de la maison du propriétaire, bref une ambiance années 60, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connâiiiiiitre (d'ailleurs l'allusion elle-même a 40 ans). Sur la route, on croise des véhicules éculés, mais solides, comme les habitants, qui nous regardent d'un air amical et amusé. Ils nous demandent d'où nous venons, du moins nous supposons, mais le "Fransousky" a l'air de les renseigner. Le froid est vif et fait briller nos habits vestes. Les doigts nous en tombent (pieds, mains…) et en évitant de glisser sur la glace à –15o, nous trouvons le local où sont servis les repas. Que des Russes, des Polonais ! Avec des gestes et de l'anglais de cantine (de circonstance), on apprend qu'il y a un rassemblement sur la place principale à 10h30, mais nous ne trouvons toujours pas d'unités à intégrer ni d'état major. Là, sur la place principale siège le buste de Bagration, héros de cette bataille, et un drapeau teutonique. En effet, on a également croisé leur château, bâtisse solide, longue et sobre, qui est en cours de rénovation, depuis quelques années. Dans notre recherche, un hôtel et au pied de cet hôtel, nos Français croisés à la douane : ils sont toujours perdus et ont dormi dans le hall et les couloirs de l'hôtel ; les employés les ont laissés faire. Eddy les a rencontrés à Coëtquidan. Ils sont de la Garde et ne se mélangent pas. Sokolov ne voudrait pas, du moins le présument-ils.
Deux Russes parlant français et aussi isolés que nous se proposent de nous rejoindre, mais quatre ça ne suffit pas. Puis, nous rencontrons, Ilya de Moscou, qui est le Lieutenant Louis Leroi représentant la 8e demi-brigade, qui va voir ce qu'il peut faire. Après une hésitation toute nordique, il nous intègre dans son unité. À nos « Mi niama zavout Henri « (ou Eddy), il répond dans un excellent français. Les deux camarades russes qui nous accompagnent, voyant que nous sommes avec cette troupe-révolution, ne veulent pas compromettre leur carrière ou leur vie et déclinent notre invitation. Des dissensions existent au sein de l'Empire russe et notre troupe ne serait pas en odeur de sainteté auprès de Sokolov. Celui-ci apparaît et nous reconnaissant dans les rangs, vient nous serrer la main en s'inclinant, du haut de son cheval malchanceux. Il sait que deux braves du 18e de ligne ont fait le déplacement, seuls de la ligne des 27 Français inscrits. Troupes russes, prussiennes et françaises confondues, nous sommes environ 300 reconstitueurs, avec plus de "Français" que de russes. Notre unité est vivante, sourires aux lèvres, amicale et nous ne tardons pas à partager alcools et nourritures, portés par eux même ou quelques jolies cantinières dont certaines semblent sensibles au(x) charme(s) des Français. D'ailleurs de nombreuses dames russes arriveront à la même conclusion et la photo d'Eddy ornera les buffets et les souvenirs des intérieurs russes pour au moins 200 ans. Nous échangerons quelques chants également, notamment des chansons de notre époque favorites. Nous assistons aussi à des danses d'hommes russes où bras et jambes s'ouvrent et se ferment au rythme des paroles, qui sont apparemment très drôles mais "ni po ni maïl" pour nous.
Les ordres fusent, les unités redressent le buste, rectifient l'alignement et nous nous mettons en marche vers le champ de bataille pour des manœuvres. Nous croisons les positions françaises, la vallée où la charge de cavalerie française est passée sur un front des plus réduites. L'usine indique l'emplacement de l'Etat major impérial et on l'imagine avec son cimetière aux cœurs d'opiniâtres combats. Tout semble à porté de main et chaque coup de canon a du porter. Traversant ce petit champ de bataille par la route qui mène à Friedland, on rejoint les collines où se tenaient les Russes. Une croix orthodoxe y est dressée, en mémoire des soldats morts à leur poste, héros précipités par les hasards de la guerre dans une mort affreuse. La campagne enneigée brille de mille feux car un soleil réparateur s'est levé et atténue les températures matinales. Malgré la graisse sur mes chaussures, le froid (-11° durant les manœuvres), paralyse temporairement quelques orteils, mais le corps avec l'exercice s'acclimate. Nous sommes toujours en habit-veste et la capote s'impose.
Sokolov a pensé la reconstitution comme une réduction de la bataille. Le village d'Eylau est représenté de façon plus grossière qu'à la Corogne, et chaque unité vaut une division : à 18 hommes, nous sommes celle du général Legrand, corps de Soult, ce qui à terme donne une bonne idée de la bataille. D'autant plus que nous sommes réduit à l'état de spectateurs, l'aile gauche française n'ayant pas été la plus active. C'est la division où se trouvait effectivement le 18e de ligne, qui, la veille de la bataille, a attaqué vigoureusement les Russes et a perdu une aigle du 2e bataillon face à un fort parti de cavalerie. Cette épisode présageait de la dureté des combats du lendemain.
On a souvent dit que les Russes dans le corps à corps étaient terribles, ce qui avec certaines unités s'avère vrai : aussi notre lieutenant Leroi n'accepte le corps à corps qu'avec les régiments amis (Grenadiers de Moscou, à Mitre) et refuse dès que le taux de psychopathe alcoolique dépasse le 40% de la troupe (Milice de Moscou et, selon lui, quelques autres troupes). Un seul corps à corps a été effectué pendant la journée de manœuvre. Sinon, on approche de l'unité ennemie, tirons, esquivons les charges ou les chargeons quand elles se retirent. Efficace et amusant, mais rien ne vaut un bon coup de crosse sur les doigts. Pas de baïonnettes non plus, car il y aurait un corps à corps mortel l'an passé en Pologne.
Après des manœuvres sur ce champ de bataille vierge de toutes blessures modernes, et après en avoir abondamment piétiné la neige, nous regagnons le village d'Eylau, en retraversant les lieux où les combats ont rougis la neige 200 ans auparavant. Le soleil a finis de dispenser sa chaleur et se retire. La température baissant, nous regagnons le village, tout en chantant avec nos amis russes : Révolution russe dans le texte, "les partisans blancs", chant de « contre révolution » pour la version française ; car si je connais des chants russes, les paroles sont françaises. Cette interprétation laisse rêveur notre Lieutenant, qui j'espère aux noms de Dénikine et l'évocation d'un Trotsky tremblant ne s'offusque pas. Nous avons maintenant quartier libre jusqu'à 17 heures. Nos Moscovites partent pour Kaliningrad et nous regagnons notre cave, afin de récupérer de l'épreuve et du froid. Nous essayons de trouver de l'eau plate et après un échec récupérons de la limonade. En chemin, nous croisons une cérémonie, avec de jeunes gens en armes rendant hommages aux morts de la Seconde Guerre mondiale. Une haie de pierre portant d'innombrables noms en cyrillique borde un monument aux héros de 1945, de facture soviétique. Les Allemands ont chèrement défendus Könisberg.
Après un somme, nous nous rendons au musée d'Eylau que nous cherchons un petit moment sur la place principale. L'entrée est devant nous et nous pénétrons dans quelques modestes salles surchauffées, présentant non seulement la bataille (une maquette, des photos, une baïonnette rouillée, un boulet, c'est tout), mais aussi la vie de l'enclave, les métiers et les différents conflits l'ayant traversé. Des illustrations montre le champ de bataille et la célèbre église avant sa transformation en usine. Par hasard, une responsable nous donne quelques ----- pour des repas et des boissons, car ce soir, il y des festivités devant le château des
Teutoniques. Eddy cherche à acheter un souvenir, mais il y a très peu de choses à vendre, un DVD en russe, un médaillon représentant Bagration. Mais pas de cartes postales.
La foule converge vers le parvis du château ("zamak") qui fut pris la veille de la bataille par la division Leval, où nous retrouvons nos amis d'Estcapade, mais qui partent très tôt pour Kaliningrad. La foule nous presse de questions, nous offre à boire. Les demoiselles et leurs mères, nous sollicitent pour les photos, ainsi que leurs époux complaisants. Nous rencontrons les reconstitueurs de la Garde et Sokolov. Celui-ci rend hommage aux soldats de Sibérie ayant fait 6 000 km pour nous rejoindre et ensuite aux Français, relativement plus proches.
Puis, la Garde s'aligne devant sa cantine pour le repas et nous leurs emboîtons le pas pour goûter à autre chose que l'ordinaire. C'est chaud, bon et bienvenue et il faut reconnaître qu'au niveau gastronomie, la Ligne est très surfaite. Un feu d'artifice éclaire le ciel et les faces réjouies . Après avoir continué notre travail de critique gastronomique auprès de l'auge prévue pour la Ligne, nous partons nous coucher.
Le lendemain, 11 février, nous retrouvons nos places au sein de la division Legrand et partons vers le monument prussien pour une cérémonie commémorative. Sur la butte boisée, la foule nous laisse passer et les unités trouvent leurs positions. Devant ce monument, faisant penser à un pilier de cathédrale gothique, l'attaché militaire de l'ambassade de France accompagné de deux collègues en uniformes de marins, remet une gerbe au nom de la France et nous délivre un discours bref et direct, rendant hommage aux héros du passé et à la paix européenne. Sokolov lui présente les troupes et le glorieux 18e venant de France, qui constitue, avec ses amis russes, une unité de cœur et fait résonner juste son discours. A son salut, nous répondons par un « bonjour » en présentant les armes. Puis les troupes s'avancent sur les emplacements reconnus la veille, toujours sous le soleil. Tous les habitants de la région se pressent sur la crête, pour assister au spectacle. Nous sommes installés près de notre étang gelé pour tenir notre position et avons le loisir d'admirer la bataille. A notre droite, manœuvrent le corps de Davout, puis d'Augereau. Malheurs! Celui-ci dévient et se place de flanc! Nous assistons, impuissants, à la fin du 14e de ligne. Là c'est sérieux, les grenadiers russes s'avancent en masse dans l'intervalle, la bataille est-elle perdues? Impeccable, à la baïonnette, la Garde les percutent et les repoussent. Une masse de cavaliers, dont de superbes cuirassiers, s'élancent et contraignent les ennemis à la défensive. Un de ces braves tombe et ne se relève pas, une jambe cassée. Nous sommes attaqués et faisons de nombreux feux de pelotons et de deux rangs. Notre unité manœuvre et nous voyons l'utilité d'organiser pour les prochaines fois, notre 18e avec un sous-officier de remplacement. Nous combattons enfin, mais toujours pas de corps à corps. Les Russes sont ramenés sur leur position et sont même menacés par Ney qui arrive enfin. La bataille est gagnée aux prix de pertes inouïes. Tout sera à recommencer au printemps.
En attendant, les troupes s'alignent pour une charge du public à la baïonnette (sans baïonnette), les photographes sont ravis et après un petit défilé, nous quittons nos amis de la 8e demi-brigade, car nous réintégrons le voyage d'Est’capade.. Le contact avec cette unité a été un grand moment du voyage. Eddy embrasse la jolie soldat et toutes les cantinières. Nous sommes invités à la Moskova et, pourquoi pas ?, à Friedland.
Après un repas dans un restaurant qui ne dit pas son nom (il fallait le trouver), nous récupérons notre solde en roubles et une jolie médaille en forme de croix de fer rappelant et l'événement et que nous sommes en territoire prussien. Si ma mémé avait su ça… Un grenadier russe, énorme, nous fait soupeser son fusil et nous explique qu'il sert à "to kill the French soldiers". Devant ma mine triste, il sort un magnum de vodka pour nous consoler, se souvient avoir fait, avec moi, un corps à corps, en tout bien tout honneur, à Austerlitz et veut donc m'inviter à finir son breuvage. Hélas, il nous faut partir.
Départ pour une visite de Kaliningrad en bus et nous gagnons l'Hôtel Moscou, luxueux, où nous prenons notre première douche depuis le départ. La ville rappelle par endroits l'ancienne Königsberg : le zoo, des façades rescapées de la guerre, l'opéra, sa cathédrale du XIVe siècle où étaient couronnés les Rois prussiens (l’horloge et la cloche ont été reconstruites en 1995). Nous nous arrêtons sur la tombe fleurie du philosophe allemand Emmanuel Kant. Dans un canal qui mène à la Baltique, un sous-marin russe attend pacifiquement des visiteurs. À l'emplacement du château royal, détruit, se trouve un immense bâtiment monolithique, jamais utilisé pour cause de la perestroïska : c’était le bâtiment du Soviet.
Le 12 février, nous quittons Kaliningrad et sa façade de ville de jeu et de plaisirs, pour traverser en direction du Niemen, une morne campagne glacée et des villages désuets, sensiblement identiques à ceux de 1945. Dans cette plaine interminable, la route enneigée donne sur une clôture en bois disjointe, un petit jardin et une maison sans grâce. Une réminiscence de 1812 qui nous appelle à la compassion pour nos soldats, abandonnés de tous. Pour nous ramener à plus de modernité, nous croisons notre première statue de Lénine de la journée ; une caserne de l'armée rouge ; un T34 qui sert de monument sur une place, des réverbères portent le marteau, la faucille et l'étoile. Nous arrivons à Tilsit (Sovietsk) pour une visite du musée, accompagné par son conservateur et créateur. Les deux salles sont consacrées à la campagne de 1807, à ce que fut la ville et à la Seconde Guerre mondiale. Des photos rappellent l'exode des populations allemandes, foules sans hommes en âge de combattre ayant dans les yeux, toute l'horreur d'un avenir incertain, une peur intime.
Puis, moment intense, nous nous rendons sur les rives du Niemen , où deux hommes ont, pour un moment, rêvés à une Europe de paix. À la tête de pont, côté russe, se trouve un sobre monument rappelant l'événement. Depuis, la maison où séjourna l'Empereur des Français a été détruite et la rive gauche du fleuve est devenue russe, alors que la droite est européenne (la Lithuanie d’aujourd’hui) : les bégaiements de l'Histoire. Mais revenons à nous, qui imaginons ce jour de 1807 où tout était possible, l'espoir des soldats, le radeau…. Devant le fleuve pris par la glace, nous immortalisons l'événement avec le conservateur et nos amis historiens et il y a fort à parier que cette photo se retrouvera dans la revue Napoléon Ier. Pour la circonstance, j'ai conservé mon uniforme, ainsi qu'une voyageuse d'Est' capade, qui arbore élégamment, l'uniforme des chasseurs à cheval de la Garde.
Nous poursuivons en direction de Friedland (Pravdinsk) et mangeons sur les berges escarpées de l'Alle, sur le petit plateau où les troupes de Ney et les canons de Sernamont, utilisés pour la première fois comme arme offensive mobile, ont combattu les troupes de Bagration et pris le village et les ponts de l'Alle. Un monument rend hommage aux victimes du dur combat, en face d'un buste de Koutousov. Sur la place du village bien conservé, outre un imposant Lénine, se trouve la maison ayant servi de quartier général à Bagration la veille et à Napoléon le lendemain. Une pendule datant de la Prusse, indique en caractère latin que nous sommes à Friedland. La campagne n'a pratiquement pas changé et en repartant pour Eylau, situé à vingt kilomètres de là, nous croisons les positions françaises et celle de l'Etat-Major (hameau de Posthenen ou Peredovoï). Après deux heures à la frontière et après avoir rectifié nos montres, nous regagnons la Pologne et arrivons tardivement dans un décors de conte de fées, au château de Pultusk. Luxe des lieux et de l’ histoire –même il ne manque pas une galerie de costumes- , tout se mêle pour ancrer dans nos souvenirs cette dernière soirée de voyage. Ce château a connu les combats d'octobre 1806, Napoléon y séjourna durant l'hiver 1806-1807 et de façon solitaire lors de son retour de Russie, le 9 décembre 1812. A quoi peut penser un homme immensément fatigué qui a perdu son armée, projette la réorganisation et la sauvegarde de son empire et croise pour une nuit, les lieux de son bonheur avec Marie Waleska ?
Le lendemain voit une conférence avec Thierry Choffat sur les descendants de Napoléon et après une visite de Pultusk sur les traces de nos compagnons du 18e de ligne et de l'Empereur, nous regagnons Varsovie.
Nous voilà partis pour deux heures de visites de la vieille ville, croisons le palais des rois de Pologne, des façades XVIIIe siècles, des remparts en briques et songeons, que de tous ces bâtiments où la patine du temps a été savamment restituée, il ne restait presque rien en 1945. Des photos explicites sont là pour le rappeler.
Alors que nous embarquions, nous sommes rappelé à la douane, au sujet de nos fusils. Nous avons un problème. Nous apprenons avec surprise que nos fusils sont considérés… comme des vrais, des antiquités, qui ne doivent en aucun cas quitter le territoire. Un honneur pour le fabriquant de nos répliques, mais nous ne nous attendions pas à cela. Transport d'armes oui, mais pas trafic de reliques militaires... Après avoir sués à grosses gouttes, parlé un anglais lamentable, mais suffisant (« no », « forbidden », « real gun », « museum »), et subit le jeu de pouvoirs entre chefs. Étant bloqué l'avion et ses aimables passagers, une hôtesse d'Air-France, intercède, enfin !, en notre faveur. Une dernière hésitation du potentat, une dernière remontrance que nous acceptons volontiers car nous sommes autorisés à sauver notre patrimoine de la confiscation pure et simple. Nous sommes dans l'avion, nos fusils aussi !
C'est la fin de nos aventures orientales et nous regagnons Paris où il fait –seulement- 10 degrés. Les journaux relatent les péripéties de la campagne électorale et le téléphone crépite : le boulot n'attends plus. On avait presque oublié.
L'infanterie de ligne, Reine des batailles et des cimetières.
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Messagede dd. » Ven 16 Mars 2007 : 18:45

Ben voila , j'ai fait Eylau , merci Cyprien , très chouette récit. :salut:
À propos, vous avez ramené le rat ? :lol:
l'ennemi est bête: il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui! j'en ris encore!
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Messagede Juliette » Ven 16 Mars 2007 : 20:16

Merci pour ce récit qui me rappelle de jolis souvenirs...
Je crois qu'a l'aéroport, le fait que nous ayons catégoriquement refusé de monter dans l'avion sans vous les a mis un peu dans le pétrin...bien fait ! non mais !
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voici la photo sur le bord du Niemen gelé (gla gla) et le chateau teutonique...

dommage je n'ai pas la photo du rat, désolée...
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Messagede Louis Leroi » Ven 16 Mars 2007 : 20:47

S-Michel dit:
Il faut que vous telephoniez a notre general pour savoir ou on peut trouver des photos.


:mrd: :mrd: :mrd: :mrd: :mrd:

2 S-Michel:

A bas Friedland! Vive Plancenoit!
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Dernière édition par Louis Leroi le Ven 16 Mars 2007 : 20:51, édité 1 fois.
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Messagede Louis Leroi » Ven 16 Mars 2007 : 20:49

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Messagede Louis Leroi » Ven 16 Mars 2007 : 20:49

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Messagede la remonte » Ven 16 Mars 2007 : 23:31

... " à bas Friedland , vive Plancenoît " ... ??? qu'est ce que cela veut dire ? j'aimerais une expliquation de votre part .
j'espére qu'on ne confond pas avec Disneyland où on peut aller tous les ans !
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Messagede Louis Leroi » Sam 17 Mars 2007 : 00:15

je dis que ce n'est pas disneyland. voila pourqoi je preferai de participer dans les reconstitution bien organises et avec les bons participants que bicentenaires
bicentenaire est null pour moi
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Messagede La Béquille » Sam 17 Mars 2007 : 01:00

Joli compte-rendu Caporal "I" :)
Mais tu en as mis un de ces temps...tu es rentré à pied ou quoi :fou:
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Messagede Dorsenne » Sam 17 Mars 2007 : 13:23

"j'espére qu'on ne confond pas avec Disneyland où on peut aller tous les ans "

Vous pouvez préciser votre pensée?
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Messagede Hypolite » Sam 17 Mars 2007 : 14:20

Nous sommes nombreux à regretter que Plancenoit n'ait pas fait l'effort de reporter une manifestation que se déroule tous les ans au profit d'un bi-centenaire qui n'aura lieu qu'une fois dans notre vie et je pense que c'est là le sens du message de "la remonte" !
De plus, même si c'est de l'humour "vive Plancenoit, à bas Friedland" me semble déplacé !
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