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Controverse autour de Noverraz

Espace consacré à Napoléon Bonaparte et au Premier Empire. Merci de rester courtois dans vos échanges.

Modérateur: Christophe

Controverse autour de Noverraz

Messagede Albertuk » Ven 18 Juillet 2003 : 01:05

Bonjour

Christophe a bien voulu faire un récapitulatif de ce qui s’est débattu dans ce Forum sur les différents écrits relatifs à Noverraz qui sont : (1) l’article de 1840 du Magasin Pittoresque sur la visite de journalistes chez l’ancien chasseur à Lausanne, (2) l’article d’Albéric Cahuet paru dans la Revue des Deux Mondes de 1941 et donnant le journal de Noverraz pour l’expédition des Cendres de 1840, et enfin (3) l’article paru en Suisse en 1903 et que je tentai de montrer comme étant l’authentique journal de Noverraz de cette expédition de 1840. Alors voici mes quelques réponses (estivales) aux questions que se pose Christophe dans sa mise au point.

(1) Concernant l’article du Magasin Pittoresque, je pense qu’il est inutile de revenir la-dessus. C’est un faux et Christophe me demande juste quel intérêt aurait un magazine à publier un faux… Que nous importe ! Peut être que le magazine en question fit confiance à ses auteurs qui eux seuls auraient été coupables de faux. Qui saura jamais ? J’ai toutefois expliqué les raisons qui en font un faux et les intéressés pourront se rapporter à ces éléments dans les pages de ce Forum. Je ne pense pas avoir lu une contradiction sur ces arguments dans la mise au point de Christophe.

(2) Pour le Journal paru dans la Revue des Deux Mondes, je mettais en doute son authenticité car il exista un autre Journal, paru en Suisse en 1903, et dont le récit me paraissait plus authentique, dans de nombreux détails et pas seulement dans ceux que tout le monde connaissait des récits des autres membres de cette expédition depuis 1840-1841. A mon avis, il ne peut y avoir qu’un manuscrit de Noverraz de cette expédition bien que Christophe suggère que le même Noverraz aurait lu même retouché ses propres écrits. J’en doute. Mais il est possible que, les talents de conteur et le bon français de Noverraz n’étant pas des plus hauts standards, on ait « aidé » la plume de l’ancien chasseur et donc retouché son écrit originel. Ceci ferait du récit de la Revue des Deux Mondes un faux, ou un texte plutôt arrangé, donc... un faux dans les deux cas. Et qui pouvait le faire ? Sans doute un Napoléonien qui connaissait bien les récits de 1840 afin de rester en phase, ou presque. Et Albéric Cahuet pouvait donc être cette plume, comme un autre certes, mais après tout c’est lui qui écrit le reste du récit dans cette Revue.
Notons aussi qu’Albéric Cahuet, chose étrange car il avait fait une étude sur Noverraz, donna foi à l’article du Magasin Pittoresque alors, que Napoléonien convaincu, il aurait dû ne pas tomber dans un tel piège. De plus, Noverraz lui-même contesta avoir jamais rencontré ces journalistes ! Comment Cahuet pouvait il ignorer ces faits ? Ne lisait donc il rien de ce que ce pauvre Noverraz en disait lui-même ?!?
De plus, Cahuet semble avoir connu Valentin Noverraz, que je soupçonnais, à tord, ne pas être descendant de Noverraz (il en était en fait un petit petit neveu, comme il fut expliqué ici après ma première intervention). Ce personnage, Valentin, me semblait suspect car j’avais eu en main des correspondances montrant qu’il osa revendiquer l’héritage de Napoléon laissé à son fils (les selles etc.) en clamant que Noverraz les destinait à sa propre famille. C’était faux et cet escroc possible fut fermement remis à sa place par les autorités suisses, malgré plusieurs tentatives, à tous niveaux officiels, pour récupérer les reliques de l’Empereur. Et pour en faire quoi ? Les revendre aux enchères sans doute, comme il le fit avec le reste des reliques que Noverraz avait religieusement gardées et que sa famille put récupérer de en héritage. Mais Valentin n’était qu’un petit-petit-neveu et pas de la ligne la plus directe, et l’héritage Noverraz fut en fait réparti entre plusieurs des oncles et tantes de Valentin qui procédèrent à des ventes au fur et à mesure. Il ne devait pas en rester grand chose lors des interventions de Valentin vers 1930-1940 et ce fut alors un peu gros, je pense, pour Albéric Cahuet de présenter, dans son article, Valentin comme L’héritier de Noverraz !
Le récit d’ Albéric Cahuet dans la Revue des Deux Mondes comporte en outre plusieurs détails qui me chiffonnent aussi . Ainsi au 7 juillet, il est question d’une clef de montre donnée par Napoléon à son chasseur. Je ne me souvenais pas que Napoléon lui avait légué un tel présent, et Noverraz n’en a jamais parlé je crois dans les legs de son héritage… Doit on y voir une montre que Valentin essayait de faire passer comme ayant appartenu à Napoléon à Sainte-Hélène… à fins de spéculation ? Le récit de 1941 dans cette Revue lui devenait alors utile si il lui permettait une bonne vente aux enchères… !?! Si Christophe en connaît plus sur ce cadeau impérial, je suis preneur. Est-ce la même raison qui fait écrire à Cahuet que la famille Noverraz (i.e. Valentin) possède un masque de cire… On connaît la supercherie de ce masque aux dents et aux cheveux collés dessus… Bref, quand on me parle de Valentin Noverraz, j’ai tous mes capteurs qui se trouvent en alerte…
On reconnaît aussi un style exagérément narratif dans la description à cette date du menu des équipages… je cite « Noverraz Cahuet » :
Leur déjeuner se composait d'une ration d'eau noire que l'on nommait café, un quart de vin et une galette de biscuit ; à 11h1/2 la bordée qui n'était pas de quart allait dîner et relevait ensuite l'autre bordée ; ils avaient la soupe aux haricots ou aux pois, une ration de viande, un quart de vin et une galette de biscuit : à 4 heures et demie, ils avaient des haricots ou des pois au naturel, pas cuits, un quart de vin et du biscuit…
Quel conteur ce Noverraz-ci ? Dommage qu’il n’ait rien écrit de connu sur l'exil de 1815-1821 pour étayer ce don…
La seule "preuve" qu’apporte Christophe de la véracité du récit dans la Revue est la concordance des dates avec les autres témoins... Cela me semble un peu léger comme argument car n’importe quel faussaire averti aurait connu ces récits, et aurait pu faire ce travail, et une erreur involontaire par-ci par-là. Par exemple, « Noverraz » écrit que le départ de Cadix se fit le 21 juillet 1840 à 10 heures. Or ce départ fut fait à 6 heures du matin… d’après le récit officiel de Chabot, que Christophe reconnaît aussi comme plus fiable. Et pour cause ! On pourrait s’y attendre de la part du chef de cette expédition ! Donc pourquoi « Noverraz Cahuet » se serait trompé ?!? C’est simple : le récit de Chabot n’était pas encore connu en 1941 !!! Sacré farceur ce Cahuet, il aura donc péché par zèle de narration. Car aucun autre membre (je crois) ne donne 6 heures comme l’heure du départ… sauf Chabot.
Le 9 août, chose amusante, Las Cases écrit que l’expédition croise des bâtiments. Et « Noverraz » surenchérit en écrivant que la Belle Poule se dirige vers un bâtiment mais, quand elle voit que c’est une corvette anglaise, elle détourne sa route… On comprend mal ce récit anti-anglais alors que les relations étaient bonnes en 1840, surtout avec Chabot à la tête de l’expédition, et que tout bâtiment ami croisé sur une route maritime est généralement un intérêt au moins pour les nouvelles qu’il porte… On comprend mal sauf si… on situe l’écriture de ce « journal de Noverraz » en 1941… avec une Angleterre ennemie de la France de Vichy ! C’est un peu gros, non ?
Le 4 octobre, « Noverraz » écrit Le soleil se coucha dans la direction de Sainte-Hélène d'une rougeur extraordinaire.… Or le navire a quitté Bahia, à l’ouest, et fait donc une route sud-est vers Sainte-Hélène. Il est donc impossible d’écrire que le soleil se couche en direction de cette île ! Il aurait dû se coucher dans le dos, voire à tribord, bref en opposé à la route de l’expédition… A moins de croire que la Belle Poule ne navigua en zigzag. Difficile à croire. Cahuet ne devait pas avoir de concepts maritimes ni géographiques très avancés. Je ne sais.
Puis, à l’arrivée, « Noverraz Cahuet » nous écrit que la Belle Poule ancra en face de la ville de Jamestown et très près de la plage… Cahuet a dû confondre de « plage » car il n’y en a pas en face de Jamestown… C’est à mourir de rire !
Je passe sur le reste de ce récit « conte de fée », car il faudrait s’arrêter à tous les détails, et vous le laisse à vos réflexions de Napoléoniens à qui on ne fait pas prendre des vessies pour des lanternes.
Bref, j’avais plus qu’un motif de mettre en doute et la bonne foi de Valentin et celle de Cahuet. Mais je laisse chacun juger. Pour ma part je pense qu’il ne pouvait y avoir qu’un seul manuscrit de Noverraz sur l’expédition de 1840. Et, comme on sait que Noverraz n’était pas un écrivain, je doute que (1) son texte fut si narratif (mais pour ne pas dire grand chose de personnel ni de nouveau) et (2) si long, que celui donne par Albéric Cahuet. Ne cherchons pas midi à quatorze sur son auteur possible… Mais mon idée reste une hypothèse bien entendu. L’avenir nous apportera peut être plus d’éclaircissements.

(3) Concernant le vrai récit, succinct mais tellement authentique, du vrai Noverraz, j’en ai donné d’amples détails et notes dans le lien que Christophe a gentiment rappelé à votre attention. Pour moi, son origine et authenticité ne font guère de doute (quoique tout le monde peut se tromper, par manque des manuscrits en question). Mais j’avais alors expliqué les raisons qui me faisaient penser à son authenticité.

Je serai bien heureux de connaître le point de vue des autres membres du Forum sur cette controverse du journal de Noverraz sur l’expédition de 1840.

Bonnes vacances,
Amicalement
Albert - UK
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