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Quelques questions sur Mme Walewska

Espace consacré à Napoléon Bonaparte et au Premier Empire. Merci de rester courtois dans vos échanges.

Modérateur: Christophe

Quelques questions sur Mme Walewska

Messagede Madam0 » Dim 23 Août 2015 : 01:01

Mes chers amis, excusez-moi de vous avoir dérangé par ce message!

Si vous consentez à lire ce texte, avant tout je veux vous présenter toutes mes excuses pour le niveau pitoyable de mon Français. Je suis Russe et j’habite à Moscou, le Français je l’ai etudié toute seule et je n’ai pas beaucoup de pratique en matière d’écriture des lettres. Alors je vous prie d’avoir un peu de condescendance pour moi et mes pitoyables efforts de m’exprimer en langue de Molière. Je vous supplie de me pardonner pour avoir involontairement parfois estropié votre belle langue! :salut:

Croyez-moi que si j’ose rédiger cette lettre et ainsi m’adresser à vous c’est seulement à cause de mon désir de savoir la vérité, le désir qui me hante depuis voilà plus de dix années. Je suis une grande passionnée de l’histoire de la France et plus particulièrement de l’histoire de la Rèvolution, du Consulat et du Premier Empire. Je pense qu’il ne faut pas préciser que j’admire Sa Majesté l'Empereur des Francais Napoléon Premier depuis mon enfance même .

Vers seize ans j’ai lu en Russe tout ce qui etait publié à cette époque sur Sa Majesté. Parmi plusieurs ouvrages j’ai lu le livre "Les embarras avec Maria Walewska" du brilliant historien et écrivain polonais Marian Brandys. Dans son ouvrage Brandys concerne plusiers inexactitudes contenus dans les Mémoires de Mme Walewska et met en doute leur véracité historique. Sans vouloir pour autant accuser son charmante auteur de mensonges et de fabulations Brandys arrive à cette conclusion : le journal est une œuvre de justification et de réhabilitation de Mme Walewska vis-à-vis de ses trois fils, c’est pourquoi il contient tant d’inexactitudes, vérités partielles et par contre il passe sous silence beaucoup de choses importantes. Bien sûr monsieur Brandys n’avait pas d’acces à l’original du manuscrit et a profité de la narration de Frédéric Masson qui était le premier des historiens à avoir l’occasion de consulter les archives de la famille Walewski. A ce que je sache c’est seulement André Castelot qui puis a obtenu le droit de s’en servir pour son livre en 1968.

Et maintenant grace au site superbe de la famille Walewski nous pouvons tous avoir cette occasion précieuse de consulter directement leurs archives.
Les voilà ces fameuses mémoires
http://www.digi-archives.org/fonds/facw/index.php?session=public&lang=fr&action=show&ref=CH%20FACW%20001%20MW%20SOU%20001%200001
http://www.digi-archives.org/fonds/facw/static/TR_JOU.html

Quant à moi je suis franchement choquée aprés avoir lu la copie de ce manuscrit!

Jusqu'à ce temps tout le monde croit que ce récit émouvant de la rencontre de Napoléon et Mme Walewska et le début de leurs relations est tiré des mémoires de Mme Walewska c’est à dire de son journal intime qu’elle a écrit elle-même ou a dicté à son secrétaire. Mais aprés avoir lu le manuscrit sur ce site on peut affirmer que cette assertion est complètement fausse. Ce n’est pas Mme Walewska qui rèdige ses mèmoires pour ses fils, mais ce en fait n’est que le rècit d’une narratrice anonyme qui aurait connu Mme Walewska et aurait obtenu ses confidences intimes. Prologue: Rencontre de Marie Walewska avec la narratrice ; Arrivée de Mme C. et récit des problèmes d'un pauvre homme ; visite de M. Polendski ; la famille du pauvre homme est sauvée ; M. Polenski cherche à avoir les confidences de la narratrice sur Marie Walewska ; la narratrice ferme sa porte aux curieux ; la bonne action de Mme Walewska est enfin découverte ; pacte entre Marie Walewska et la narratrice.

Pourquoi jusqu’à ce temps personne de ceux qui ont eu l‘accés à ce document n’a mentionné ce fait crucial? Convenez que le fait que l’auteur de ce document n’est pas Mme Walewska elle-même mais par contre une dame anonyme, qui n’était pas témoine des événements qu’elle décrit, est un fait trés important. Ce fait lève toutes les questions que posent beaucoup des historiens polonais au sujet de la véracité de l’histoire que conte l’auteur de ce document. Et alors en ce cas comment peut-on croire aveuglement à toutes les affirmations de la soi-disante narratrice qui n'était même pas présente en Pologne à cette époque? Selon Brandys cette histoire dans le contexte de la Pologne de 1807 tient d’une pure fiction donc il arrive à la conclusion que la heroine principale tâchait de se justifier et pour ce but a déformé la vérité. Mais il ne savait pas l’essensiel! Et peut-etre ce journal est une mystification du commencement à la fin? Qui peut le dire?

Et moi je ne peux pas résister à ce désir invincible de vous poser les trois questions qui commencent à vraiment me tourmenter à me rendre folle. Peut-être vous comme les vrais passionnés de tout ce qui concerne Napoléon y avez les réponses et pourriez me renseigner?

Alors les voilà:

1) La première question, je l’ai deja formulée.Comment se fait-il que jusqu’à ce temps personne de ceux qui ont eu l‘acces à ce document n’ait mentionné qu’il ne s’agit pas effectivement d’un journal intime de Mme Walewska? Pourquoi Frédéric Masson et André Castelot ont-ils passé sous silence ce détail? Porquoi ont-ils complétement ignoré le prologue? Ils n’étaient pas de mon avis que ce fait est vraiment important pour estimer la crédiblité de la version de l’histoire que renferme ce document et qu’ils présentent dans leurs ouvrages en basant sur lui? Je n’arrive pas à le comprendre. De toute facon quand André Castelot dans ses sources mentionne «d’émouvants extraits inédits du Journal intime de Mme Walewska» à vrai dire c’est un évident mensonge parce qu’il a annoté de sa propre main le manuscrit qui n’est rien d’autre qu’un récit de la narratrice anonyme.

2) Est-ce qu’on a essayé d’identifier cette narratrice anonyme? C'est une dame polonaise de haute naissance qui habite à Paris depuis plusieurs années, qui pratique la bienfaisance et mène une vie retirée. A la croire elle est une amie intime de Mme Walewska. Je pense que c’est possible au moins essayer de l’identifer. Il faudrait le faire pour estimer sa sincérité et sa bonne foi et ainsi estimer la crédiblité de son récit.

3) La derniére question est celle qui me passionne depuis toujours et qui ne concerne pas directement le journal. A vrai dire c’est à elle qu’au fond de moi j’espére le plus trouver un jour la réponse. Je n’arrive pas à comprendre d’où vient l’affirmation que Mme Walewska aurait sejourné à Paris en 1808. C’est dans l’article consacré à Mme Walewska du livre “Napoleon et les femmes” de Frédéric Masson que apparaît pour la premiére fois cette affirmation. Masson écrit seulement que “Mme Walewska est arrivée à Paris au début de l’année 1808” sans préciser aucuns détails. Puis les autres auteurs dans leurs ouvrages précisent que Mme Walewska serait arrivée à Paris à la fin janvier 1808 et aurait quitté la capitale de la France à la fin mars 1808. Cettes affirmations sont repetées par de nombreux auteurs et même par les historiens éminents. Mais d’où elles viennet? De quelles sources? Les dates de son séjour à Paris sont tout à fait erronées. Il y a les sources polonaises qui attestent la présence de la charmante comtesse Walewska à Varsovie à cette époque-ci. La fameuse mémorialiste polonaise Anna Nakwaska et la femme de Stanisław Grabowski ont noté toutes les deux sa présence au bal à Varsovie le 29 janvier 1808. De plus Anna Nakwaska a noté dans son journal que la comtesse Walewska avait paru en scéne mimique au bal qui avait eu lieu le 26 mars 1808! Donc son séjour à Paris la fin janvier 1808 - la fin mars 1808 est complétement impossible. Admettons que Mme Walewska a vraiment séjourne à Paris en 1808. Mais comment se fait-il qu'il n’existe aucune mention de ce fait dans les mémoires de l’époque? Même Louis Constant Wairy qui raconte en dêtail la liaison entre l’Emereur et la comtesse Walewska ne mentionne pas ce fait. Par contre la présence de la comtesse à Finckenstein en 1807 et à Schönbrunn en 1809 est un secret de Polichinelle pour tout le monde et ses faits figurent dans plusieurs mémoires des contemporains.C’est ce que je ne peux pas comprendre. Quelque chose ne colle pas dans cette histoire. Peut-être j'ai manqué quelque chose?

Merci d'avance pour votre aide. Et mes meilleures salutations de la Russie pour vous! :fleur3:
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Messagede Madam0 » Mar 3 Novembre 2015 : 17:23

Alors mes chers amis, personne ne peut m'aider à démêler le vrai du faux dans cette affaire? Mais je vous conjure de ne pas m'abandonner comme ça.

Ayez pitié de moi! Pourriez-vous me donner au moins les coordonées des historiens professionels ou les enthusiasts qui soient à même de m'aider et repondre à mes questions?


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Messagede Joker » Mar 3 Novembre 2015 : 19:27

Il m'est difficile de pouvoir fournir une réponse à vos questions car je maîtrise mal ce sujet. :oops:
Voici donc tout ce que je puis vous en dire dans l'état actuel de mes connaissances :

Vous avez probablement dû lire la biographie consacrée à Marie Walewska par son arrière petit-fils, le comte d'Ornano en 1938.
Celui-ci prétend l'avoir rédigée sur base de notes (et non pas d'après un journal intime) laissées par son aïeule.
Dans ces amalgames de phrases sans liens logiques, ces simples mots et ces diverses annotations, l'auteur trouve effectivement la trace de la princesse à Paris en 1808.
Il nous décrit ainsi des escapades amoureuses aux abords de la capitale, mais peut-être sont elles uniquement le fruit de l'imagination du comte...

De son côté, l'historien Emil Ludwig, dans la biographie qu'il a consacrée à Napoléon en 1926, écrit que la princesse "vit à l'écart, quoique que le monde soit instruit de sa présence, n'occupe jamais à l'opéra la loge qui lui est réservée".
Cette discrétion savamment entretenue explique sans doute en partie l'absence de sources relatives à ce séjour.

Je ne puis hélas vous être guère plus utile pour vous aider à démêler le vrai du faux dans cette affaire et je vous prie de bien vouloir m'en excuser.

Permettez-moi toutefois de vous féliciter pour la qualité de votre français que je trouve parfaitement compréhensible, surtout de la part d'une autodidacte.

Bien cordialement ! :salut:
"On ne monte jamais si haut que quand on ne sait pas où l'on va" (Napoléon Bonaparte)

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Messagede LeBarde » Mar 3 Novembre 2015 : 20:19

-Il est dit effectivement que ce fut un ouvrage particulier:hybride a mi-chemin entre monographie historique,roman et vie romancée.Maintenant elle a bien séjouné à Paris entre la "fin février et la fin mars";donc c'est tout a fait possible quelle fut à Varsovie juste avant et aprés ces dates .Elle résidait à Paris rue de la Houssaye.Les deux amants se voient trés peu.L'a t-il aimé ? On connait les mots prononcés par L'Empereur à Ste Héléne ":je n'ai jamais aimé d'amour,sauf peut-étre Joséphine au plus et encore parce que j'avais 27 ans lorsque je l'ai connue.
Vive LUI.
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Messagede Madam0 » Mar 3 Novembre 2015 : 21:29

Joker a écrit:
Vous avez probablement dû lire la biographie consacrée à Marie Walewska par son arrière petit-fils, le comte d'Ornano en 1938.
Celui-ci prétend l'avoir rédigée sur base de notes (et non pas d'après un journal intime) laissées par son aïeule.
Dans ces amalgames de phrases sans liens logiques, ces simples mots et ces diverses annotations, l'auteur trouve effectivement la trace de la princesse à Paris en 1808.


Bien sûr, j'ai lu cette soi-disante "biographie". C'est tout à fait ridicule d'appeler ainsi cette œuvre de fiction. Il suffit de comparer les lettres da Napoléon à Mme Walewska citées dans ce livre à celles qui ont été publiées pour la premiére fois en 1968 et que maintenant on peut consulter sur le site officiel de la famille Walewski pour comprendre que l'œuvre d'Ornano est une mystification du commencement à la fin.

Joker a écrit:De son côté, l'historien Emil Ludwig, dans la biographie qu'il a consacrée à Napoléon en 1926, écrit que la princesse "vit à l'écart, quoique que le monde soit instruit de sa présence, n'occupe jamais à l'opéra la loge qui lui est réservée".


Et ses sources? On peut affirmer n'importe quoi mais l'auteur qui prétend d'être un biographe doit prouver ces affirmations.

Joker a écrit:Cette discrétion savamment entretenue explique sans doute en partie l'absence de sources relatives à ce séjour.



Alors "le monde est instruit de sa présence, la loge à l'opéra lui est réservée", l'Empereur passe parfois la nuit dans sa maison ou la fait venir chez lui et PERSONNE ne mentionne ce fait dans leurs mémoires ou correspondances! Par contre les passades les plus insignifiantes de l'Empereur avec les lectrices à cette époque sont mentonnées par plusieurs contemporains lol Et pourquoi donc la présence de la comtesse à Finckenstein en 1807 et à Schönbrunn en 1809 est mentionné et attesté par de nombreuses sources et mémoires de l'époque?

Joker a écrit:Permettez-moi toutefois de vous féliciter pour la qualité de votre français que je trouve parfaitement compréhensible, surtout de la part d'une autodidacte.


Merci pour votre compliment, cher ami :oops: C'est la première fois que je compose le message pour le forum francophone.

Mes meilleures salutations de la Russie :lol:
Dernière édition par Madam0 le Mar 3 Novembre 2015 : 22:10, édité 1 fois.
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Messagede Madam0 » Mar 3 Novembre 2015 : 21:57

LeBarde a écrit:-Il est dit effectivement que ce fut un ouvrage particulier:hybride a mi-chemin entre monographie historique,roman et vie romancée.


L'œuvre d'Ornano est une pure mystification. Pour le prouver il suffit de comparer les soi-disantes "lettres da Napoléon à Mme Walewska" citées dans ce livre à celles qui ont été publiées pour la premiére fois en 1968.

Et voilà la citation de l'article de Wikipedia anglophone:

In the 1930s her adventures were once again described by her descendant, Antoine Philippe Rodolphe, 4th count d'Ornano in a book entitled 'Marie Walewska, "l'ėpouse polonaise de Napolėon"'. It was a belletristic biography that until the mid-20th century was considered as a key source on Walewska, as Antoine d'Ornano claimed that it was based on never published documents remaining in the archives of La Branchoire, the family castle.

Count d'Ornano's account presented Maria as a devout patriot and an influential political figure. His book claimed that she was involved in taking major political decisions related to the development of Duchy of Warsaw and engaged herself in disputes with figures such as Józef Poniatowski or Joachim Lelewel. These allegations immediately spurred controversy among Polish historians, who noticed that both the described events and the dates quoted by d'Ornano seemed unlikely.

Biographer Marian Brandys attempted to ----- with some of these doubts in his book "The troubles with Lady Walewska" and he went as far as questioning the very existence of documents ----- La Branchoire. His main argument was that the facts presented in the book were unrealistic in light of broader historical knowledge about Napoleonic campaigns and the politics of the Duchy of Warsaw. He also noted the numerous discrepancies between the French and English editions of the book.

D'Ornano's book had an equally profound effect on the historian circles in France. In 1950s Jean Savant, a renowned historian and writer, wrote a book about Walewska in which he attempted to recreate a scientific biography of Maria Walewska. Before publishing the book, he printed certain extracts ----- it in Elle, a popular woman's magazine, which resulted in a famous lawsuit ----- count d'Ornano and his descendants.

The dispute revolved around copyright issues: Savant allowed the publication of extracts ----- his work, which included alleged excerpts ----- Maria's own accounts, taken ----- d'Ornano's book. However, he failed to appropriately reference them. Antoine d'Ornano sued him for illegally appropriating contents taken ----- "Marie Walewska, "l'ėpouse polonaise de Napolėon"", and when Antoine died, his descendants claimed that the aforementioned extracts were not historical source materials, as Savant claimed, but merely an invention of the author. The legal battle continued for a few years, and it was put to an end by Cour de Cassation which decided that Savant acted legally.

The d'Ornano family never allowed any historian to come into contact with the alleged Walewska archives. During the lawsuit they maintained that in fact, the documents never existed.


LeBarde a écrit:Maintenant elle a bien séjouné à Paris entre la "fin février et la fin mars";donc c'est tout a fait possible quelle fut à Varsovie juste avant et aprés ces dates .


Et il faudrait prendre en considération qu'à cette époque le voyage de Varsovie à Paris faisait tout au moins dix jours :lol:

LeBarde a écrit:Elle résidait à Paris rue de la Houssaye.


Et les sources? Comment est-ce que je peux consulter ses sources? Pourquoi la présence de la comtesse à Paris en 1811-1813 est parfaitement documenté et decrit par toutes les mémoires et personne ne mentionne sa présence en France en 1808 ni dans les mémoires ni dans les correspondances? Par contre la présence de la comtesse à Finckenstein en 1807 et à Schönbrunn en 1809 est mentionné et attesté par de nombreuses sources et mémoires de l'époque.

LeBarde a écrit:L'a t-il aimé ?


Bien sûr que non. Dans sa vie il n'a aimé qu'une seule femme: son incomparable Joséphine :aime:

Mes amis, merci à vous pour vos réponses :salut:
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Messagede Bastet » Jeu 5 Novembre 2015 : 16:06

:salut:

Les lettres de Napoléon à Joséphine offrent une illustration de ce qu’est l’état passionnel, l'amour-passion, qui associe l’amour vécu comme un irrépressible emballement du cœur à l’insatiable du désir physique , à quoi s’ajoutent des émotions intenses et exacerbées. :tourne:
Joséphine idéalisée par l'amour-passion de Napoléon illustre bien , au fil des lettres, ce qu'est l'objet passionnel placé sur un piédestal qui entraîne une dévalorisation de soi comme un cruel sentiment de dépendance que renforcent douloureusement le manque , l’absence, ce qui fait naître chez le passionné un vrai sentiment de peur : celui de ne plus exister .
Mais l’état passionnel qui implique narcissisme et égocentrisme a une durée limitée dans le temps , les spécialistes parlent de 6 mois à 2 ans…. Aussi Napoléon a pu alors construire un amour plus apaisé avec Joséphine en l’acceptant telle qu’elle était, descendue de son piédestal, simplement et joliment humaine, avec ses défauts et qualités de sorte qu'entre eux s'élabora une relation plus authentique .

Avec M.W il me semble que Napoléon a vécu un amour plus calme, plus mature, à travers une communication forte et un attachement qui s’est nourrit d’une entente profonde…., un attachement qui ne connaît plus la dépendance de l’état passionnel et de ses projections… C'est une autre forme d'amour
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Messagede Madam0 » Jeu 5 Novembre 2015 : 20:42

Bastet a écrit::salut:
… C'est une autre forme d'amour



Bonsoir :salut: !

Je suis d'accord avec vous à propos des relation entre Napoléon et Joséphine :aime: .

Mais je ne peux pas qualifier les sentiments de Napoléon pour M.W. comme "l'amour". Mon jugement est basé sur ses lettres authentique. Oui, il est amoureux pendant son séjour à Varsovie. Il lui écrit les billets trés doux. Et aprés toutes ses letrres à elle connues et authentiques pendant la période de son départ de Varsovie en 1807 à 1810 (il y en a huit) commencent par "Madame, je recois votre lettre...". C'est toujours elle qui lui rappelle de son existence. Et lui jamais pendant les périodes des séparation trés longues ne lui écrit le premier pour savoir comment elle va, de quoi elle s'occupe ou pour lui donner des nouvelles. Par contre il éprouve toujours ce désir d'être en contact permanent avec Joséphine. A travers de nombreux petits billets il entretient avec elle la connexion permanente durant les périodes des séparation. Ces billets n'ont rien à voir avec sa passion d'autrefois mais ils prouvent que sa bien-aimée Joséphine ne quittait jamais son esprit et restait toujours l'object de ses pensées. Moi, j'entends par l'amour ce sentiment-là. Je vous fais mes excuses, vous voyez bien que je ne suis pas trés forte en français, mais tout de même j'ai essayé de vous faire comprendre mon idée. Joséphine était "la femme de sa vie", "the love of his life", "единственная настоящая любовь" comme on dit chez nous en Russie. Et M.W. comptait pour lui, il était amouraché d'elle d'abord, et aprés il l'estimait en tant que compagne fidéle et la mére de son fils. Voilà tout. Donc appeller son sentiment pour M.W. "l'amour" c'est exagérer trés fort. Je pense que même Marie-Louise comptait plus pour lui. Je le vois à travers sa correspondance avec elle.

Mes meilleures salutations de la Russie :fleur3:
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Messagede la remonte » Ven 6 Novembre 2015 : 10:59

" on se veut et on s'enlace , puis on se lasse et on s'en veut " :roll:

pourtant ce qui force l'admiration c'est la place qu'il réserve à Joséphine le jour du sacre malgré l'opposition de sa Corse de mère et de toute la famille . belle preuve d'amour qui n'est plus à ce moment là de la passion :idea: belle modernité que cette union à la Macron et qui séduit les contemporains , surtout ses soldats :!:

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Messagede Bastet » Ven 6 Novembre 2015 : 16:25

:salut:

pourtant ce qui force l'admiration c'est la place qu'il réserve à Joséphine le jour du sacre malgré l'opposition de sa Corse de mère et de toute la famille . belle preuve d'amour...."

Ce que le général Bonaparte a éprouvé pour Joséphine il ne l’éprouvera plus pour aucune autre femme.
La passion est un puissant affect, qui, comme les autres affects, porte le nom technique de phénomène de dissociation ( les phénomènes de dissociation ne sont pas toujours maladifs :lol: ils hantent aussi les latitudes du « normal » :oops: sous la « forme de transformation du sens général des choses »…) aussi la passion ébranlant la conscience peut-elle engendrer des transformations durables du caractère .
On peut donc conjecturer que Napoléon après ce douloureux ébranlement psychique, cette faille, est devenu un autre homme qui néanmoins restera à jamais attaché à Joséphine " Toujours comme dans les serments qu’exigent les jeunes filles […] Envers et contre tout, j’aurai maintenu que ce toujours est la grande clé. Ce que j’ai aimé, que je l’aie gardé ou non, je l’aimerai toujours"(A .Breton, L’Amour fou), et ainsi il a pu dire de la délicieuse Créole qu’elle a été son amour éternel, cette "ronce verte, fleurie,vivace" ( Tristan et Iseut). :tourne:
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Messagede Madam0 » Ven 18 Novembre 2016 : 17:23

Mes chers amis, je suis en train de compléter mon exposé sur les falsifications historiques. Cela promet d'être vraiment un bon travail mais tout de même il me manque dans ce puzzle un maillon crucial. Cela concerne la source principale: ce soi-disant "Journal intime de Mme Walewska".

http://www.digi-archives.org/fonds/facw/index.php?session=public&lang=fr&action=show&ref=CH%20FACW%20001%20MW%20SOU%20001%200001
http://www.digi-archives.org/fonds/facw/static/TR_JOU.html

Comment se fait-il que jusqu’à ce temps personne de ceux qui ont eu l‘acces à ce document n’ait mentionné qu’il ne s’agit pas effectivement d’un journal intime de Mme Walewska, mais du rècit d’une narratrice anonyme qui aurait connu Mme Walewska et aurait obtenu ses confidences intimes? Pourquoi Frédéric Masson et André Castelot ont-ils passé sous silence ce détail? Porquoi l'ont-ils complétement ignoré? Quand André Castelot dans ses sources mentionne «d’émouvants extraits inédits du Journal intime de Mme Walewska» à vrai dire c’est un évident mensonge parce qu’il a annoté de sa propre main le manuscrit qui n’est rien d’autre qu’un récit de la narratrice anonyme.


Mesdames et Messieurs, donnez-moi le conseil comment démêler le vrai du faux dans cette affaire. Pour la vérité historique il faut une fois pour toutes éclaircir tous les détails sur ce manuscrit. Où au moins pourrais-je trouver les coordonées des historiens professionels ou les enthusiasts qui soient à même de m'aider et repondre à cette question?

Amicalement, votre Olga de la Russie :salut:
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Messagede Mousquetaire » Ven 18 Novembre 2016 : 20:19

Madam0 a écrit:Pourquoi Frédéric Masson et André Castelot ont-ils passé sous silence ce détail?

Le récit de Frédéric Masson suit assez fidèlement le prétendu journal intime de Marie Walewska, sans vraiment citer sa source et en ajoutant quelques détails au récit. Il ne s'agit pas d'une étude critique, mais d'un texte qui s'adresse à un public pas trop exigeant en matière de vérité historique. Pourquoi dès lors aurait-il pris la peine de prévenir ses lecteurs que tout ce qu'il raconte n'est peut-être qu'un récit apocryphe ? Il faudrait être bien sot pour gâcher ainsi le plaisir de ses lecteurs en instillant le doute sur la vérité de ce qu'il raconte.

Si vous voulez des documents sur Marie Walewska dont l'authenticité ne fait aucun doute, voici l'extrait d'acte de naissance du fils qu'elle a eu avec le comte d'Ornano en 1817 qui figure dans le registre d'état-civil de la ville de Liège.
Image

C'est un peu moins romantique évidemment. :oops:
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » (Citation de Voltaire forgée par Evelyn Beatrice Hall)
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Messagede Madam0 » Sam 19 Novembre 2016 : 00:43

Mousquetaire a écrit:
Madam0 a écrit:Pourquoi Frédéric Masson et André Castelot ont-ils passé sous silence ce détail?

Le récit de Frédéric Masson suit assez fidèlement le prétendu journal intime de Marie Walewska, sans vraiment citer sa source et en ajoutant quelques détails au récit. Il ne s'agit pas d'une étude critique, mais d'un texte qui s'adresse à un public pas trop exigeant en matière de vérité historique. Pourquoi dès lors aurait-il pris la peine de prévenir ses lecteurs que tout ce qu'il raconte n'est peut-être qu'un récit apocryphe ? Il faudrait être bien sot pour gâcher ainsi le plaisir de ses lecteurs en instillant le doute sur la vérité de ce qu'il raconte.



Cher Mousquetaire, merci pour votre rèponse :salut:

Franchement, l'indignation m'étouffe. Songez bien, qu'en vertu de ce document trés douteux Napoléon est accusé d'un VIOL! :fou:

Je ne peux pas ni le comprendre ni le concevoir. Pour ces accusations-là les historiens doivent être trés prudents avec ces sources. Et ces chers Masson et Castelot cachent consciemment la vérité sur leur source. Il ne suffit que mentionner que ce n'est pas mme Walewska qui a écrit cela et toute la véracité historique de ce récit devient d'un coup douteuse :mrd:

Moi, j'ai toujours pensé que l'historien ne doit pas s'occuper du "plaisir de ses lecteurs" mais de la reconstitution de la vérité historique. Ai-je tort? :cry:

A mon avis Masson et Castelot ne sont pas dés lors les historiens mais falsificateurs. C'est Masson qui a inventé le mensonge et Castelot qui l'a entretenu. Quand Castelot énumére parmi ces sources «d’émouvants extraits inédits du Journal intime de Mme Walewska», il ment. Et quand l'historien ment, il cesse d'être historien et devient falsificateur. A propos voyez-vous les notes marginales de monsieur Castelot sur le manuscrit? Il griffonne quelque chose comme ça: "Je ne crois pas que ce soit vrai, c'est faux et cetera". Mais à ces lecteurs il dit que tout est vrai. C'est normal pour historien? Vous le croyez? :bravo:

Porquoi ce tas de mensonges et affabulations de la part des historiens sérieux en qui le public a toute sa confiance? Mon Dieu! :fou:
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Messagede Maria Kel » Sam 19 Novembre 2016 : 01:19

Cette histoire de viol est devenue le nouveau cheval de bataille des anti-napoléoniens. Même Bern s'y est complu :furieux:
"L'île de Corse, j'ai quelque pressentiment qu'un jour, cette petite île étonnera l'Europe." Rousseau
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Messagede Joker » Sam 19 Novembre 2016 : 01:21

Quant à Michel De Decker, il en avait l'eau à la bouche.
Pour un peu, à l'entendre narrer l'épisode, on eut cru qu'il y avait assisté et tenu la chandelle ! :fou:
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Joker
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