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Stendhal

Espace consacré à Napoléon Bonaparte et au Premier Empire. Merci de rester courtois dans vos échanges.

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Messagede Bastet » Lun 8 Août 2016 : 16:06

Mémoires sur Napoléon
Acuité du regard beyliste que double une curiosité toujours en éveil, en particulier curiosité psychologique avec un style qui refuse d’en être un, avec même une certaine sécheresse entre "notes d’archive et discours adressé à un observateur" et pourtant force foudroyante des phrases … :aime:
Stendhal a l’ horreur de l'éloquence et de l'emphase,« j’ai cherché à raconter […] comme Michel de Montaigne… ", il n’a pas le goût des envolées lyriques à la manière de Chateaubriand, " il n’y a jamais de grandes phrases, jamais le style ne brûle le papier… » ( Stendhal) mais du bonheur à écrire " tout ce qui pouvait se rattacher à Napoléon et éclairer la vie de ce grand homme" ( Georges Laborie 1931),
Et surtout un enthousiasme certain dans cette vision beyliste de Napoléon, " […] , mon but est de faire connaître l’homme extraordinaire", peut-être partiale néanmoins heureuse, qui vise à imposer le contenu de ces Mémoires comme correspondant à l’exacte vérité.... :roll: Stendhal « ayant eu le précieux privilège de le voir , de l’approcher et même de l’entretenir quelquefois ; par surcroît, mêlé à plusieurs titres aux évènements qu’il entendait relater, [… ] (et) la connaissance des faits et des personnes étudiées », ( Georges Laborie)....Une vision qui se pose comme un témoignage essentiel car reflet d’événements vécus: " je fus admis dans sa loge à la Scala… j’étais à l’entrée de Napoléon à Berlin en 1806, à Moscou en 1812, en Silésie en 1813….Ce grand homme m’a adressé la parole, pour la première fois, à une revue au Kremlin…J’ai été honoré d’une longue conversation en Silésie… » ( Préface) et effectivement le texte a un accent qui convainc: " J’ai eu l’occasion d’étudier sur les lieux la campagne d’Italie ; le régiment dans lequel je servais en 1800, s’est arrêté à Cherasco, Losi, Crema, Castiglione, Goïto, Padoue, Vicenze, etc. . J’ai visité avec l’enthousiasme d’un jeune homme, et seulement après la campagne de 1796, presque tous les champs de bataille de Napoléon… " ( Préface). Complaisantes déclarations ? :roll: N’a-t-il , en fait, vu son héros que de loin ? :?: :idea:
Si jusqu'à sa mort Stendhal sentit vibrer en lui " une grande phrase musicale " à la gloire de Napoléon son admiration n’en garda pas moins une attitude critique "L’amour pour Napoléon est la seule passion qui me soit restée, ce qui ne m’empêche pas de voir les défauts de son esprit et les misérables faiblesses qu’on peut lui reprocher" comme il jugea la position de Napoléon, après le retour de l’île d’Elbe, héroïque mais romanesque….. :roll:
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Messagede Bastet » Mar 9 Août 2016 : 17:00

La sévérité stendhalienne pour Napoléon n'implique nullement condamnation sans rémission de son héros ni remise en cause de son admiration parce que Napoléon à ses yeux symbolisait la puissance de délibération et d'action. De sorte que Stendhal sut trouver des accents d'une éloquence enthousiaste pour célébrer ce maître de l'action au moment du départ d ' Egypte " Il est agréable pour les grands cœur de considérer ce qui dut se passer dans cette âme : d'un côté l'ambition, l'amour de la patrie, l'espérance de laisser un grand nom dans la postérité : de l'autre, la possibilité d'être pris par les Anglais ou fusillé. Et prendre un parti aussi décisif uniquement sur des conjectures, quelle fermeté de jugement ! La vie de cette homme est un hymne en faveur de la grandeur d'âme " ( Vie de Napoléon).

Pour Stendhal les effets de l'action de Napoléon, cette « âme de feu » , se feront sentir en Italie "Le 14 mai 1796 fera une époque remarquable dans l'histoire de l'esprit humain. Le général en chef Buonaparte entra dans Milan : l'Italie se réveilla.... " ( Rome, Naples et Florence en 1817). C'est que le destin de Napoléon demeure pour Stendhal la plus fascinante expérience aussi en construisant le personnage de Julien Sorel refera-t-il une expérimentation napoléonienne : Julien utilisera des schèmes napoléoniens pour les actes ordinaires de sa vie et le Mémorial sera sa Bible ..... :roll:
Ce que Stendhal a passionnément aimé chez Napoléon , et ce à quoi nous devons ces Mémoires, c'est avant tout la beauté , le bonheur et la joie des commencements si bien que, pour lui, la campagne d'Italie " c'est peut-être la plus belle campagne de Napoléon...rien d'aussi grand n'avait paru depuis des siècles" , une " campagne brillante (qui ) révéla à l'Europe un homme tout à fait différent des personnages étiolés,que ses institutions vieillies et ses gouvernements, en proie à l'intrigue, portaient aux grandes places "...
Le chapitre IV se termine sur ces lignes où à la vérité se mêle l'admiration inconditionnelle de Stendhal pour un caractère d'une fermeté héroïque et naturelle, un personnage à la Plutarque  " En prenant le commandement de l'armée d'Italie, Napoléon, malgré son extrême jeunesse et le peu d'ancienneté dans son grade de général de division, sut se faire obéir. Il subjugua l'armée par son génie bien plus sévère que par ses complaisances personnelles. Il fut sévère et peu communicatif, surtout envers les généraux ; la misères était extrême, l'espérance était morte dans le cœur des soldats ; il sut la ranimer ; bientôt il fut aimé d'eux ; alors sa position fut assurée envers les généraux de division "

:salut:
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Beyle, Stendhal, Napoléon...

Messagede Christophe » Mar 9 Août 2016 : 19:30

« La présence de Napoléon est constante dans l’œuvre, les idées, la vie de Stendhal.

L’auteur est né en 1783, donc quelques années avant la Révolution, au sein d’une famille farouchement attachée aux privilèges de l’ancien régime, et à la royauté. Par mépris de la mentalité grenobloise et par révolte contre son entourage qui le tyrannise, Henri Beyle s’enthousiasme pour le jeune général Bonaparte et pour l’armée d’Italie, dont il voit passer des régiments dans sa ville natale et qu’il rejoindra de 1800 à 1802.

Plus tard, sa carrière militaire, qui coïncide avec sa « période ambitieuse », se situe entièrement sous le règne de Napoléon : services sous Napoléon de 1806 à 1814; il « tombe » avec lui en avril 1814: la chute de l’Empire fut aussi la chute de l’auditeur au Conseil d’Etat Beyle, qui, comme beaucoup de soldats de la Grande-Armée, perdit sa situation lors du retour de Louis XVIII.
Ainsi toute la jeunesse de Stendhal jusqu’à sa maturité-il est âgé de trente et un ans en 1814- a été placée sous le signe de Napoléon et s’est trouvée plus ou moins directement rattachée à ses succès et à ses échecs. Il existe donc un lien sentimental entre les deux hommes, dans la mesure où chez tout être humain les souvenirs portant sur les premières années de la vie sont l’objet d’une affection particulière, et souvent d’une idéalisation. »

(Marcel HEISLER, « Stendhal et Napoléon », Editions A.-G. Nizet, 1969, pp.9-10)

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Messagede Bastet » Mar 9 Août 2016 : 20:42

Belle page, cher Christophe.
L'admiration de Stendhal pour Napoléon resta, tout au long de sa vie, lucide et critique , telle est la marque d'un esprit juste. Pour Stendhal la plus grande faute de Napoléon est d'avoir peu à peu "monarchisé" l'Empire " Ses flatteurs lui représentaient depuis longtemps qu'il devait à sa dynastie de choisir, parmi les familles royales de l'Europe, une femme qui pût lui donner un fils. On eut à Schoebrunn l'idée de lui faire épouser une archiduchesse. Il en fut extrêmement flatté." ( Vie de Napoléon).
Mais ce faisant " un des plus grands génies qui est jamais existé" renonça à rester " le fils de la Révolution"....

:salut:
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Messagede Maria Kel » Mar 9 Août 2016 : 20:45

Il ne voulait plus être le Fils de la Révolution, car les puissances étrangères lui déclarait la guerre pour ce prétexte :rocket:
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Messagede Bastet » Mar 9 Août 2016 : 21:04

" J'éprouve une sorte de sentiment religieux en écrivant la première phrase de l'histoire de Napoléon. Il s'agit , en effet,du plus grand homme qui ait paru dans le monde depuis César.[...]. Nous allons parcourir ensemble la vie de l'homme le plus étonnant qui ait paru depuis Alexandre..." Ces premières phrases qui ouvrent les Mémoires sur Napoléon nous font pénétrer dans l'âme de Stendhal toute entière imprégnée de la passion qu'il éprouva pour Napoléon et son destin ... :tourne:

:salut:
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Messagede Maria Kel » Mar 9 Août 2016 : 21:06

Effectivement :razz:
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Messagede Moundir Pacha » Mer 10 Août 2016 : 11:44

Merci à vous, citoyenne "Bastet" et citoyen "Christophe", de nous éclairer un peu plus sur le plus talentueux et le plus sincère des défenseurs du Moïse corse ! :salut:

Si Stendhal a autant admiré le "patron", c'est à mon avis parce qu'il avait compris qu'il fut ce prophète "à part"(comme le p'tit Jésus), ce lumineux modèle d'administration et d'organisation, ce vigoureux facteur d'impulsion pour la jeunesse, ce "père" charismatique qui a su unifier une société composée d'individus et qui eut pour unique vocation de rassembler et d'unir tous les citoyens dans le cadre de la Grande Nation.
Bref, un glorieux prophète incarnant le bonheur et la liberté (mais dans l'Ordre) et descendu sur Terre pour nous laisser en héritage cet authentique message : "La carrière est ouverte aux talents" (Thomas Carlyle)

Et dire que des sales ganaches (à grelots mais sans breloques) n'ont rien d'autre à foutre que de s'amuser à effacer d'un trait de plume ce que le "Héros" avait commencé par l'épée... :shock:

Salut et fraternité ! Vive "LUI" ! :salut:

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Beyle.

Messagede Christophe » Mer 10 Août 2016 : 19:13

السلام عليكم Moundir Pacha. :salut:

Une note à propos du beau portait de Stendhal que tu as mis en ligne. L'auteur du "Rouge et le Noir" est représenté ici en tenue de Consul de France dans les années 1830. Beyle le fut en Italie, sa seconde patrie.
-----------

Voici une lettre que Stendhal adressa au duc de Feltre (général Clarke) alors ministre de la Guerre.


Au duc de Feltre, Ministre de la Guerre.

Grenoble, le 19 mai 1816.

Monseigneur,

Monsieur Henri Beyle, adjoint aux commissaires des guerres, demande de toucher à Grenoble, sa patrie et son domicile, la demi-solde de son grade d’adjoint aux commissaires des guerres.

M. H. Beyle, nommé à Königsberg en 1807, a fait toutes les campagnes. Il était à la demi-solde comme auditeur au Conseil d’état en 1814. Malade par suite de la campagne de Moscou, il n’a exercé depuis aucune fonction publique. Il a servi, sous les ordres de M. le baron de Joinville, commissaire-ordonnateur, qui, en cas de besoin, pourrait donner connaissance de ses [états de] services. Je suis avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.

DE BEYLE.

Commissaire des guerres adjoint.

-------

Observations.

Quand Beyle écrit qu’il a fait toutes les campagnes depuis 1807, ceci est inexact. Le futur Stendhal n’a pas participé à celle d’Espagne, bien qu’il soutint le contraire à plusieurs reprises . Il était bien présent à celles d’Autriche, de Russie et fit une partie de celle de Saxe, avant de tomber gravement malade (en juillet 1813).

L'auteur parle de lui à la troisième personne (du singulier).

La particule dans sa signature est totalement fantaisiste. Beyle en usera de nombreuses fois, toutes comme la centaine de pseudonymes qu’il utilisa en signant ses lettres tout au long de son existence.

Cette lettre a été reproduite à la p.358 du volume IV de sa « Correspondance (1812-1816) ». Edition établie par Henri Martineau (Paris, Le Divan, 1934).

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Messagede Maria Kel » Mer 10 Août 2016 : 19:14

Merci pour ces précisions :salut:
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Lettre de Beyle à son cousin M. Daru.

Messagede Christophe » Mer 10 Août 2016 : 23:13

Cette dernière est extraite du fameux volume des lettres interceptées par les Russes durant la campagne de 1812 (Publié par La Sabretache en 1912). Martial Daru était frère du comte Daru, lui-même cousin d’Henri Beyle, l’auteur du « Rouge et le Noir ». Il occupait à cet époque les fonctions d’Intendant de la Couronne, à Rome.
-------------------------------

Smolensk, le 10 novembre 1812.

Me voici de retour à Smolensk, mon cher cousin, et depuis 36 heures que M. Daru fait les fonctions d’intendant général, il est trop occupé pour avoir pu me donner de ses nouvelles. En montant en voiture pour quitter Moscou, M. le général Dumas s’est plaint d’un point de côté, bientôt après il a craché le [sic] sang. Enfin il a eu une fluxion de poitrine complète. Il a fait ainsi 120 lieues [environ 480 kilomètres].Il est hors d’affaire, mais tellement affaibli qu’il a dernièrement demandé à S.M. un congé d’un mois. Je n’ai pas suivi le quartier-général pendant cette marche sur [Saint-] Pétersbourg ; on est allé battre les russes à Malojaroslavetz. Leur armée est repoussée sur Kalouga, ce qui nous laisse libres d’aller à [Saint-]Pétersbourg par Vitebsk, Dunebourg et Riga. J’ai eu l’honneur d’être nommé directeur général des approvisionnements de réserve. J’ai fait sur le champ imprimer des têtes de lettres et ai quitté Moscou avec un convoi de malades. Comme nous étions loin de l’armée, nous avons été attaqués deux fois par les Cosaques. Ces coquins-là nous ont mis au pain à l’eau pendant 18 jours. M. Daru a eu la bonté d’être en peine de moi. Il est arrivé le 8 et depuis n’a pas eu le temps de respirer. Nous avons presque tous perdu nos équipages et sommes réduits à ce que nous avons sur le corps. Tous ces petits désagréments sont pour les riches de l’armée, le soldat regorge de napoléon, d’or, de diamants, de perles, etc. ; on croit que nous irons à Vitebsk et à Minsk. J’ai tellement froid aux doigts que je ne sais si vous pourrez me lire. Je vous ai appris, mon cher cousin, le bonheur de M. Bonasse qui est chef de bataillon, M. Sylvain a eu la croix et va passer capitaine par ancienneté. Adieu, mon cher cousin, souvenez-vous quelquefois du Gelé [sic].

BEYLE.
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Messagede Moundir Pacha » Jeu 11 Août 2016 : 16:28

Christophe a écrit:
Une note à propos du beau portait de Stendhal que tu as mis en ligne. L'auteur du "Rouge et le Noir" est représenté ici en tenue de Consul de France dans les années 1830. Beyle le fut en Italie, sa seconde patrie



"Shoukran" pour ces précieux témoignages citoyen ! :salut:

Si le portrait que j'ai mis en ligne représente le bonapartiste écrivain (alias "William Crocodile" :razz: ) en tenue de Consul de France, je comprends mieux pourquoi son regard traduit l'ennui :shock: :)

En parlant de sa seconde patrie, tu m'as soudainement rappelé qu'une transalpine "ragazza" du nom de Mariella di Maïo en connait un rayon sur l'attachement du "riton" au patron :
http://www.roars.it/online/mariella-di-maio/

Salut et fraternité ! :salut:
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Encore lui...

Messagede Christophe » Jeu 11 Août 2016 : 19:31

"Afouane" cher Moundir Pacha. Je ne pense pas avoir reproduit, à propos de Stendhal, sur le forum ce qui suit.
----------------
Celui qui deviendra un écrivain célèbre et qui a servi dans l’administration impériale, n’a pas accepté la défaite de Waterloo (plus loin, dans le même tome de son « Journal », à la page 282, il lit l’histoire des Stuarts par Hume et ajoute : « pour me consoler de la bataille de Mont-Saint-Jean »). Dans le tome cinquième de son « Journal » il porte le jugement suivant, à la date du 25 juillet 1815 :

« Le parti de l’éteignoir triomphe. Voilà un beau venez-y voir, dirais-je aux philosophe allemands, si en colère contre Bonaparte, si ces gens-là avaient assez d’esprit pour comprendre. Il ne me reste plus qu’un vœu, c’est que ces lâches habitants de Paris soient bien vexés par les soldats prussiens logés chez eux [comme en 1814, après la chute de Paris]. Les lâches ! On ne peut être malheureux, mais perdre l’honneur !

La haine de la tyrannie a égaré les Chambres. Il paraît qu’elles ont forcé Bonaparte à la démission, dans un moment où son grand nom était plus nécessaire que jamais. Lucien [frère de l’Empereur] avait raison, l’intérêt de la patrie était de mettre les chambres en prison pour un mois. Peut-être Bonaparte, ne pouvant pas s’embraquer à Rochefort, ira-t-il se réfugier à l’armée qui est derrière la Loire à deux pas de lui. Tout ce qui se fera désormais en France devrait porter cette épigraphe : « A l’éteignoir ». Les bâtards doivent être bien contents. La France ne sera jamais heureuse que gouvernée par un souverain illégitime, c’est-à-dire qui tienne sa place de la constitution. Le duc d’Orléans [futur Louis-Philippe] serait bon aujourd’hui. Si l’on attend que la couronne lui échoie légitimement, il ne vaudra plus rien. »

(STENDHAL, « Journal, 1811-1823.V. Établissement du texte et préface par Henri Martineau », Paris, Le Divan, 1937, pp.277-280).

"Beslama", Moundir :salut:

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Messagede Bastet » Jeu 11 Août 2016 : 19:41

Merci de votre attention Moundir Pacha :fleur3:

Ces interrogations de Stendhal, trouvées dans ses papiers après sa mort par son exécuteur testamentaire le dauphinois R. Colomb " Qu’ai-je été ? Que suis-je ? En vérité, je serais bien embarrassé de le dire…" sont un constat d’impuissance qui nous ramène aux deux seules choses que l’on sache finalement c’est qu’on est né et qu’on existe…..

Stendhal, à la sensibilité délicate jusqu’au raffinement et tendre jusqu’à la subtilité s’était battu, dans la seconde campagne d’Italie , avec assez de bravoure pour être fait lieutenant sur le champ de bataille. Ensuite, il servira l’Empereur, comme commissaire des guerres, avec un zèle qui faillit plusieurs fois lui coûter la vie, notamment à Sagan, en Silésie. Enfin, dans la retraite de Russie, il supportera la misère du désastre et ses dangers avec grand héroïsme .

Si la présence à l’événement semble essentielle chez de nombreux mémorialistes, dans les "Mémoires sur Napoléon" le "j’ai vu " se combine à un "j’ai lu ", soit la subjectivité assumée à l’ intertextualité dont le mémorial de Sainte-Hélène…..elle aussi parfaitement assumée "Je prends le parti d’insérer ici le récit du siège de Toulon tel que le grand homme l’a donné. J’en userai de même pour la campagne d’ Italie…". L’apparente obsession de vérité qui habite le texte se manifeste donc par le recours au témoignage " Une femme d’esprit […] a bien voulu rassembler ses souvenirs et me donner la note suivante… " sur le " héros du XIXe siècle " ou encore " Je crois ne pas devoir priver le lecteur du récit qu’ il [Napoléon] a donné lui-même des opérations militaires qui suivirent l’armistice de Cheaso "

Dans la Préface de 1837 il écrit "mon but est de faire connaître cet homme extraordinaire " s’inscrivant ainsi dans la durée singulière " Comme le but de cet écrit est de faire connaître Napoléon, et non de raconter les évènements de sa vie …" et non pas dans la longue durée de l’Histoire mais dans le temps périssable de l’événement à couleur individuelle . Aussi la vérité qui se dégagera de l’ouvrage sera donc celle, fugitive et fragile, des Mémoires, plus proche cependant de la réalité parce qu’elle exprime une expérience particulière "Mais comme notre but est moins de faire connaître les choses, que Bonaparte lui-même […] Comme mon but est de faire connaître Napoléon plus que les événements… " plutôt que celle de l’ Histoire . le récit des Mémoires sur Napoléon se situe donc entre Mémoires et Histoire.
Des Mémoires, il possède une grande proximité avec la période narrée, l’effective participation du narrateur sinon au premier cercle des intimes de Bonaparte puis de Napoléon, du moins aux rouages de son administration et à ses plus grandes campagnes militaires. De l’Histoire, Stendhal retient l’ambition d’une certaine objectivité et d’une reconstruction des événements à partir de documents insérés dans le cours de la narration : ce sont donc et des Mémoires classiques qui traduisent l’événement tel qu’il a été vécu et un récit qui tend néanmoins vers le « temps de l’histoire ». :roll:
Pour ces "Mémoires sur Napoléon" Stendhal privilégia l’époque des campagnes d’Italie "Nous allons entrer dans le récit d’opération admirables ; mais pour qu’il puisse être sensible à ce qu’elles ont de sublimes je supplierai le lecteur de regarder une fois une carte passable du lac de Garde…" parce qu’elle représente pour lui la période "la plus pure" de la carrière de Napoléon , celle qui exprime , seule , sa vérité , quand il incarnait encore l’énergie révolutionnaire et les vertus républicaines : " J’ai cru devoir donner beaucoup de développements à la campagne d’Italie de 1796 et 1797. C’était le début de Napoléon. Suivant moi, elle fait mieux connaître qu’aucune autre et son génie militaire et son caractère. Si l’on veut considérer l’exiguïté des moyens, la magnifique défense de l’Autriche, et la défiance de soi-même qu’a toujours l’homme qui débute, quelque grand qu’on veuille le supposer, on trouvera que c’est peut-être la plus belle campagne de Napoléon ".
Ce qui séduit justement dans le récit c’est que cette période emporte l’enthousiasme du narrateur : "Enfin, en 1797, écrit-il encore, on pouvait aimer [Napoléon] avec passion et sans restriction ; il n’avait point encore volé la liberté à son pays ; rien d’aussi grand n’avait paru depuis des siècles ", aussi Stendhal convaincu de la nécessité historique de son héros se sent- il avec lui en empathie totale . :aime:

Affectivement et intellectuellement, cette figure du jeune général en chef commandant glorieusement l’armée d’Italie " la force de son âme lui prêtait une énergie qui, tous les jours, étonnait davantage… " est élue entre toutes dans son cœur et son esprit . En effet, dans les "Mémoires sur Napoléon", la campagne d’Italie n’ est pas une guerre de conquête mais destinée à propager les idées révolutionnaires :" Je n’oublie rien " fait savoir Bonaparte au Directoire exécutif, et aux Milanais, au lendemain de la bataille de Castiglione: " Chaque jour votre peuple se rend davantage digne de la liberté. Il acquiert chaque jour de l’énergie […] Recevez le témoignage de ma satisfaction et du vœu sincère que fait le peuple français pour vous voir libres et heureux " . Ainsi l’auteur présente un Bonaparte fidèle aux idéaux révolutionnaires……

Période exceptionnelle " mais comment éviter de défilé [des récits de batailles] si notre héros a commencé par là, si le plaisir d’acquérir de la gloire en commandant à des soldats et de vaincre avec eux a formé son caractère ? " puis le récit s’interrompt à la Chute de Venise, en 1797 " Ici donc finissent les temps héroïques de Napoléon… " . :roll:
" A l’occupation de Venise en mai 1797 par les Français, finit la partie poétique et parfaitement noble " de la vie de Napoléon, " l’objet d’un enthousiasme passionné […] dont sa jeune gloire remplissait toujours les âmes généreuses "… Le héros c’est Bonaparte et non Napoléon, Stendhal définissant ainsi un moment propice et exclusif de l’Histoire dans une fusion complète du narrateur avec le contenu de son récit. " Ce moment est le plus beau de l’histoire moderne " .

En Italie, Bonaparte était l’homme de la situation, réalisant la conjonction idéale entre un temps, un lieu et un tempérament. A cela s’ajoute un point de vue politique : Napoléon est encore plus admirable quand on le compare aux régimes qui lui ont succédé " Mon but est de faire connaître cet homme extraordinaire que j’aimais de son vivant, que j’estime maintenant de tout le mépris que m’inspire ce qui est venu après lui " ....

:salut:
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"Stendhal a-t-il connu Napoléon ?"

Messagede Christophe » Lun 15 Août 2016 : 21:05

« Nous touchons là un des points les plus controversés de la vie de l’écrivain.

Il est vrai que les passages relatifs aux rapports personnels entre Stendhal et Napoléon contribuent, par leur caractère contradictoire, à entretenir l’embarras du lecteur ou du commentateur. Effectivement dans la « Vie de Henry Brulard », Stendhal affirme : « Napoléon ne parlait pas à des fous de mon espèce ».

Or, en 1832, dans les « Souvenirs d’égotisme » (Le Divan, p.102) une phrase s’inscrit en faux contre dette dernière affirmation : « D’un autre côté, il y a du plaisir à parler du général Foy, de Mme Pasta, de lord Byron, de Napoléon, de tous ces grands hommes ou du moins ces êtres si distingués que mon bonheur a été de connaître et qui ont daigné parler avec moi. »

En 1837, la préface aux « Mémoires sur Napoléon » (Editions Rencontre) nous fournit des précisions sur ces entretiens de l’écrivain et de l’Empereur:

« Ce grand homme m’a adressé la parole pour la première fois, à une revue au Kremlin. J’ai été honoré d’une longue conversation en Silésie, pendant la campagne de 1813. Enfin, il m’a donné de vive voix des instructions détaillées en décembre 1813 lors de ma mission à Grenoble, avec le sénateur comte de Saint-Vallier. Ainsi, je puis me moquer, en sûreté de conscience, de bien des mensonges. »

En réalité, il n’est pas sûr que tous ces entretiens aient réellement eu lieu; celui dont l’authenticité semble la plus certaine, concerne la campagne d’Allemagne en 1813, car Stendhal en donne connaissance à sa sœur [Pauline]

Nous lisons dans une lettre écrite de Glogau, le 9 juin 1813 : « Il y a huit jours que j’ai eu une longue conversation avec sa Majesté » (Correspondance, Le Divan, tome IV, p. 135).

En effet, au lendemain de la bataille de Bautzen, Beyle accompagnant le 24 mai 1813 les équipages du grand quartier-général, assista, à une échauffourée sur laquelle il fut écrire un rapport. C’est en cette circonstance que Napoléon aurait eu avec lui un entretien particulier.

Il n’est d’ailleurs pas d’une très grande nécessité d’ouvrir ou d’entretenir une polémique sur cette question. Nous jugeons nécessaire d’en parler, car Stendhal semblait y attacher une assez grande importance. Mais ce souci de l’auteur est-il véritablement justifié, A-t-on accordé, accorderons-nous plus de crédit ou d’intérêt à ses jugements sur Napoléon selon qu’il a connu l’ Empereur en personne ou qu’il ne lui a jamais parlé ? Le jugement de Mérimée dans sa réponse à la préface des « Mémoires sur napoléon » fournit une excellente conclusion à cette question : « Pourquoi parler d’abord de l’avantage d’avoir connu Napoléon, lorsque vous dites quelques pages plus bas que cette connaissance se réduit à l’avoir vu quatre fois ; que ces quatre fois il ne vous parla que trois fois, et de ces trois fois, une fois pour dire des bêtises ? Ne vaudrait-il pas mieux dire que vous avez vécu à sa cour, et que vous avez été dans l’intimité de ses ministres ? Cela est un titre maintenant, tandis qu’il n’y a pas un mauvais général de brigade qui n’ai eu de plus longues conversations que vous avec l’Empereur.» »

(Maurice HEISLER, « Stendhal et Napoléon, Editions A.-G. Nizet, 1969 , pp.81-83
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