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Stendhal

Espace consacré à Napoléon Bonaparte et au Premier Empire. Merci de rester courtois dans vos échanges.

Modérateur: Christophe

Messagede la remonte » Jeu 2 Mars 2017 : 11:07

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le 8 aout 1837 ; Stendhal :" je loge rue Montorge chez Blanc dans la chambre n°2 qu'occupa Napoléon à son retour de l'ile d'Elbe . "
c'est ici que se termina notre périple Ilya deux ans , venant de Golfe Juan . :salut:
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Messagede Bastet » Jeu 2 Mars 2017 : 16:40

Revenir à Stendhal quelle bonne idée :aime2: ....Stendhal qui s'est épris de l’homme Napoléon, de son caractère bien plus qu’il ne s’est intéressé à Napoléon le politique.
Napoléon qui a sans doute beaucoup lu Machiavel dont les œuvres l’ont toujours suivi, un Machiavel qui " ne se crée point un monde imaginaire ; il ne rêve point un nouvel âge d’or ; il ne se figure pas des peuples tels qu’il n’en peut exister pour obéir à des princes tels qu’il n’y en a point. Partant toujours du principe que tous les hommes ne cherchent que leur bien personnel, lors même qu’ils se vantent de ne vouloir que le bien général, il les voit toujours disposés à s’affranchir de la gêne des lois, quoiqu’ ils veuillent que leurs semblables y restent soumis. D’ après une expérience de six mille ans, il n’a pas l’espérance que la race humaine change de nature. Il ne croit ni à la perfectibilité, ni à la dégradation croissante, mais il pense que les hommes ont été, sont et seront toujours les mêmes dans les mêmes circonstances. Il enseigne aux gouvernements à les employer tels que la nature les a faits "( Discours sur la première décade de Tite- Live , 1531) . Pragmatisme sans illusion, cynisme peut-être ou terrible lucidité sans indulgence , sans complaisance , aussi est-ce bien la figure du condottiere des XIV et XV ° siècles italiens qui fascine Stendhal, l’homme d’action indifférent aux valeurs traditionnelles de bien et de mal, à l’individualisme forcené : " Suivant moi, on ne trouve d’analogue au caractère de Napoléon que parmi les condottieri et les petits prince de l’an 1400 en Italie : les Sforza, les Piccinino,les Castruccio, etc. etc . Hommes étranges, non point profonds politiques, dans le sens où on l’entend généralement, mais, au contraire, faisant sans cesse de nouveaux projets, à mesure que leur fortune s’élève, attentifs à saisir les circonstances et ne comptant d’une manière absolue que sur eux-mêmes. Ames héroïques nées dans un siècle où tout le monde cherchait à faire et non pas à écrire » ( Mémoires sur Napoléon).
C’était le sublime ,- un mot qui revient fréquemment dans la Chartreuse de Parme ,"un livre où le sublime éclate de chapitre en chapitre " ( Balzac)-, que recherchait avant tout Stendhal dans cette époque italienne comme chez Napoléon... :tourne:

:salut:
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Messagede la remonte » Jeu 2 Mars 2017 : 16:56

" le succès est la vraie morale de la politique "
" il n'est moyen qui ne soit justifié par la fin "
" la force est la vertu "
" la force est la reine absolue de la politique " et elle fait le droit si le droit lui manque tandis que le droit ne fait pas la force .
Machiavel comme Talleyrand le savaient , le premier est grossier à lui la nuit la perfidie le poison au second le cynisme , il négocie et agit .
Napoléon n'est ni perfide ni cynique il est tout entier .
il faut de la grandeur d'âme pour sauver quelque fois la politique . :salut:
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Messagede Bastet » Ven 3 Mars 2017 : 10:54

" Il faut de la grandeur pour sauver quelque fois la politique"... Certes... mais aussi savoir s'adapter à l'imprévu .... :roll:
Selon Machiavel " la fortuna est « maîtresse de la moitié de nos œuvres », et sourit en priorité aux personnes vertueuses (virtuoso), qui savent la dompter et la retourner pour la mettre à leur service.

La virtù est l’autre idée fondamentale du système machiavélien. Cette fois, l’ancien diplomate s’affranchit totalement de ses prédécesseurs, notamment de la liste exhaustive des qualités du souverain modèle, dressée par les moralistes classiques (Platon, Cicéron, Sénèque) et reprise par ses contemporains (Francesco Patrizi). Il ne sert à rien, selon Machiavel, de tenter à la fois d’être « pitoyable, fidèle, humain, intègre, religieux » – autant de traits de caractère qui composent la virtù classique. Et ce pour deux raisons. D’une part, parce que c’est impossible : l’homme a un penchant naturel pour le vice, et ne peut atteindre le degré de perfection enjoint. D’autre part, toutes ces qualités irréprochables sur le plan moral peuvent aussi mener un chef d’État à la ruine : « Il faut qu’il ait l’entendement prêt à tourner selon les vents de la fortune », soutient Machiavel, qui l’invite à « ne pas s’éloigner du bien, s’il peut, mais savoir entrer dans le mal ». La virtù est donc une capacité à s’adapter aux situations imprévues et à les surmonter, symbolisée au chapitre XVIII par une métaphore devenue célèbre : le prince doit se faire lion pour la force, et renard pour la ruse. Machiavel proclame ainsi la primauté de l’efficacité politique sur l’éthique. ".
On comprend que Napoléon ait annoté certains textes de Machiavel... :tourne:

:salut:
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Une rencontre

Messagede Bastet » Jeu 16 Mars 2017 : 15:31

" J’étais dans la galerie, lorsque Napoléon entra : il me frappa agréablement ; je ne l’avais jamais aperçu que de loin. Son sourire était caressant et beau ; son œil admirable, surtout par la manière dont il était placé sous son front et encadré dans ses sourcils. Il n’avait encore aucune charlatanerie dans le regard, rien de théâtral et d’affecté. Le Génie du Christianisme, qui faisait en ce moment beaucoup de bruit, avait agi sur Napoléon. Une imagination prodigieuse animait ce politique si froid : il n’eût pas été ce qu’il était, si la muse n’eût été là ; la raison accomplissait les idées du poète. Tous ces hommes à grande vie sont toujours un composé de deux natures, car il les faut capables d’inspiration et d’action : l’une enfante le projet, l’autre l’accomplit." un portrait où se lit la fascination de l’Empereur sur Chateaubriand qui conclut par ces mots prophétiques : Chi è quel grande, che non par che curi L’incendio « Quel est ce grand qui n’a cure de l’incendie ? » (DANTE)....Confronté à cet homme hors du commun Chateaubriand écrira, en 1831, qu'il surgit, à l’entrée d’un nouvel univers, après la Révolution, comme ces "Géants [...] qui se montrèrent à la terre après le déluge" . :volatilize:
L'ascendant de l'auteur du Génie du Christianisme sur l’Empereur semble avoir été tel qu' il le nomma premier secrétaire à Rome en 1803..." la suite de cette entrevue, Bonaparte pensa à moi pour Rome : il avait jugé d’un coup d’œil où et comment je lui pouvais être utile. Peu lui importait que je n’eusse pas été dans les affaires, que j’ignorasse jusqu’au premier mot de la diplomatie pratique ; il croyait que tel esprit sait toujours, et qu’il n’a pas besoin d’apprentissage. C’était un grand découvreur d’hommes ; mais il voulait qu’ils n’eussent de talent que pour lui, à condition encore qu’on parlât peu de ce talent ; jaloux de toute renommée, il la regardait comme une usurpation sur la sienne : il ne devait y avoir que Napoléon dans l’univers." :tourne:

:salut:
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Messagede Bastet » Ven 17 Mars 2017 : 12:17

En fait Chateaubriand n'aurait fait , le 22 avril 1802, lors d'e cette seule et unique rencontre,qu'une médiocre impression sur Napoléon ....
En réalité, une lettre de Chateaubriand à Elisa Bacciochi montre qu'il demanda avec insistance un poste diplomatique... :oops: tandis que Napoléon aurait dit, peu aimable, à sa soeur: " Ne me parlez plus de votre ami. J'honore son talent comme écrivain, mis c'est un brouillon et je n'en veux pas dans mes affaires!" pour finalement céder à la demande :oops: et l'envoyer à "une place secondaire" à Rome, celle de secrétaire de légation, (27 juin 1803), sous les ordres du cardinal Fesch. Mais être sous les ordres d’autrui déplaît à l'orgueilleux " la place de secrétaire d’ambassade est une place trop inférieure pour moi".... :oops:
Après cette rencontre, les deux hommes ne se parleront plus et dès lors Chateaubriand ne cessera d’attaquer l’Empereur dans ses écrits ce qui fera dire à Napoléon " j’ai pour moi la petite littérature et contre moi la grande." Néanmoins l'Empereur, sans rancune, proposa Chateaubriand à l’Académie française.... :tourne:
"Mes jours n’ont été qu’une suite de visions ; l’enfer et le ciel se sont continuellement ouverts sous mes pas ou sur ma tête, sans que j’aie eu le temps de sonder leurs ténèbres ou leurs lumières. J’ai rencontré une seule fois sur le rivage des deux mondes l’homme du dernier siècle et l’homme du nouveau, Washington et Napoléon. Je m’entretins un moment avec l’un et l’autre ; tous deux me renvoyèrent à la solitude, le premier par un souhait bienveillant, le second par un crime."

:salut:
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Messagede barthelemy » Sam 18 Mars 2017 : 00:46

Chateaubriand....

Bah oui, déçu que l'Empereur lui propose un poste "secondaire"... il a nourri sans rancœur, et ensuite ses préjugés de classe ont repris le dessus il a rallié le camp monarchiste... :furieux:
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L'ongle du Lion

Messagede Bastet » Sam 18 Mars 2017 : 11:50

Mais l'élection ne fut acquise qu'à une voix de majorité et il lui faut remanier son discours que, selon lui, Napoléon aurait censuré: " Monsieur Daru me remit le manuscrit déchiré çà et là, marqué ab irato de parenthèses et de traces de crayon par Bonaparte. L'ongle du lion était enfoncé partout et j'avais une espèce de plaisir d'irritation à croire le sentir dans mon flanc" . :oops:

Chateaubriand " bourboniste par honneur", ne fut pas vraiment passionné par le combat pour la royauté qui se mourait, il n'émigra qu' en 1792, et encore, comme il le dit lui-même, qu'à contre-coeur... :volatilize:
Et son premier acte de soumission à Bonaparte fut de solliciter sa radiation de la liste des émigrés.... :roll: grâce à Elisa Baciocchi, dont il va intégrer peu à peu le clan, et Fontanes qu'il avait sollicité ,ce sera fait....Quand il publie le Génie du Christianisme en 1802, publication concomitante au Concordat, Elisa en offrira un exemplaire à son frère et c'est à ce moment au château de Brienne, chez Lucien, qu'aura lieu la fameuse et unique rencontre .

:salut:
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Messagede barthelemy » Sam 18 Mars 2017 : 13:07

Merci Bastet pour ces éléments de réponse :salut:
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Messagede Maria Kel » Sam 18 Mars 2017 : 17:19

Oui, merci pour votre érudition remarquable, cher Minet. :salut:
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Messagede Bastet » Sam 18 Mars 2017 : 18:21

Érudition remarquable?? :roll: Je n'aime pas les gros mots :!: :salut:
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Messagede Maria Kel » Dim 19 Mars 2017 : 16:27

Ah! Bon... C'est une insulte pour vous? :shock: Je serais curieuse de savoir pourquoi.

Je voulais savoir si Stendhal avait rencontré Chateaubriand :razz:
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Messagede Bastet » Dim 19 Mars 2017 : 18:20

H. Beyle n’a jamais intéressé Chateaubriand et la question se pose si ce dernierl en a même supposé l’existence …..Quoiqu’il en soit, il n’a jamais tenté de s’en approcher, trop éloigné de lui socialement, idéologiquement et littérairement, Stendhal n’ayant pris la stature que nous lui connaissons que tardivement, comme il l’avait prédit, lui qui mourra sans avoir vraiment percé alors que Chateaubriand a connu la gloire de son vivant... :tourne: ....A-t-il même lu une ligne de Stendhal qui lui ne pouvait pas ne pas voir Chateaubriand, qui encombrait l’horizon : "Chateaubriand ( qui a salué Lamartine, Hugo, Sand) n’a pas prêté la moindre attention à Stendhal" . On pense donc que c’est très douteux qu’ils se soient rencontrés .... :cry: eux qui se sont croisés dans les capitales européennes sans jamais s ‘y trouver en même temps. Stendhal pourtant déclarera que Chateaubriand " est au-dessus de tout" bien qu’il ait confié à Balzac qu’il n’avait jamais pu venir à bout de vingt pages de Chateaubriand… :oops: . En fait, c’est plutôt de l’hostilité qu’il nourrit pour le vicomte : "l’étranger n’est pas celui que sépare de nous le hasard d’une rivière ou d’une montagne. Mais celui dont les principes, les vœux et les sentiments sont en guerre avec nos principes, nos vœux et nos sentiments. :bravo: .Ainsi monsieur de Chateaubriand est étranger pour moi ."

:salut:
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Messagede Maria Kel » Dim 19 Mars 2017 : 21:46

Super, merci! Moi qui croyais qu'ils s'étaient vu, ne serait-ce que dans une rue de Paris... :lol:

Encore un rendez-vous manqué de l'Histoire :cry:

Mais rassurez-vous, cher minet, beaucoup de grands ne se révèlent qu'une fois morts :)
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Messagede Bastet » Lun 20 Mars 2017 : 16:59

" C’est la faiblesse de presque tous les écrivains qu’ils donneraient le meilleur d’eux-mêmes et de ce qu’ils ont écrit de plus propre, pour obtenir un emploi de cireur de bottes dans la politique ". ( Marcel Aimé)

En 1804, peu avant le sacre, Chateaubriand rompt avec le premier Consul après l’exécution du duc d’Enghien , un "meurtre " .... :roll:
En 1807, au retour de son Itinéraire de Paris à Jérusalem, il écrit une violente diatribe dans le Mercure de France "Si Napoléon en avait fini avec les rois, il n’en avait pas fini avec moi ", il y compare Napoléon aux empereurs les plus sanguinaires de l’Antiquité romaine : " [...] lorsque tout tremble devant le tyran, et qu’il est aussi dangereux d’encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l’historien paraît, chargé de la vengeance des peuples".

C’est le 31 mars 1814 , quand la bataille de France semble perdue, que les maréchaux semblent prêts à se rendre mais que " l’idole n’est pas abattue " que paraît la brochure incendiaire qui exploite tout le ramassis de griefs contenus dans les libelles répandus sous le manteau et dont se forgera la légende noire de l’Empereur " De Buonaparte et des Bourbons, et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes pour le bonheur de la France et celui de l'Europe", pamphlet féroce qui se veut dénonciation des "rêves d'un fou et d'un furieux" qui osait affirmer: "J'ai trois cent mille hommes de revenu !" … En France, Napoléon, victorieux à tous les plébiscites, adoré de la Grande Armée, est devenu si impopulaire en 1814 qu’il manque d’être assassiné à Orgon alors qu’il se rend à l’île d’Elbe..... :oops:

On parle de force et de puissance pour ce pamphlet d’une hostilité virulente qui de par sa démesure même s’inscrit déjà dans un registre mythique : " Lorsque Dieu envoie sur la terre les exécuteurs des châtiments célestes, tout est aplani devant eux : ils ont des succès extraordinaires avec des talents médiocres. Nés au milieu des discordes civiles, ces exterminateurs tirent leurs principales forces des maux qui les ont enfantés et de la terreur qu'inspire le souvenir de ces maux : ils obtiennent ainsi la soumission du peuple au nom des calamités dont ils sont sortis. Il leur est donné de corrompre et d'avilir, d'anéantir l'honneur, de dégrader les âmes, de souiller tout ce qu'ils touchent, de tout vouloir et de tout oser, de régner par le mensonge, l'impiété et l'épouvante, de parler tous les langages, de fasciner tous les yeux, de tromper jusqu'à la raison, de se faire passer pour de vastes génies, lorsqu'ils ne sont que des scélérats vulgaires, car l'excellence en tout ne peut être séparée de la vertu : traînant après eux les nations séduites, triomphant par la multitude, déshonorés par cent victoires, la torche à la main, les pieds dans le sang, ils vont au bout de la terre comme des hommes ivres, poussés par Dieu, qu'ils méconnaissent. " . En écho, voici cette assertion de Jacques Bainville dans son "Napoléon" : '"Sauf pour la gloire, sauf pour l'Art, il eut probablement mieux valu que cet homme n'eût jamais existé." Et
Napoléon lui-même, en visite sur la tombe de Rousseau, aurait dit: "L'Histoire dira s'il n'eût pas mieux valu pour l'humanité que ni lui ni moi n'eussions jamais existé...." :tourne:

Louis XVIII déclara que cette "brochure" lui avait plus profité " qu'une armée de cent mille hommes..". "Alors commencèrent les grandes saturnales de la royauté : les crimes, l'oppression, l'esclavage marchèrent d'un pas égal avec la folie. Toute liberté expire, tout sentiment honorable, toute pensée généreuse, deviennent des conspirations contre l'Etat. Si on parle de vertu, on est suspect ; louer une belle action, c'est une injure faite au prince. Les mots changent d'acception : un peuple qui combat pour ses souverains légitimes est un peuple rebelle ; un traître est un sujet fidèle ; la France entière devient l'empire du mensonge : journaux, pamphlets, discours, prose et vers, tout déguise la vérité."

Selon Chateaubriand l'Empereur est tout à la fois : "Napoléon Brinvilliers", pour l’ordre donné d’empoisonner les survivants de Jaffa ; "Napoléon le Cynique " pour revenir seul de Russie, abandonnant les fantômes gelés de son armée dans les plaines glacées et s’asseoir au coin du feu, disant avec bonhomie : " Il fait meilleur ici que sur les bords de la Bérézina " ; " Napoléon-Sade " : " Il n’aimerait pas même le cri d’un grand crime si ce crime n’était pas son ouvrage "; " Napoléon Buonaparte l’étranger "; " Napoléon-Alexandre " : "du fracas de ses conquêtes, il ne subsiste rien ; tout est retourné à la « stérilité des déserts » ; " Napoléon-Néron " lorsque le pamphlétaire examine les erreurs capitales de l’Empereur, victime de sa démesure de conquérant : le blocus continental, la guerre d’Espagne, l’enlèvement du pape ;" Napoléon-phénix", enfin, renaissant de ses cendres, et dont il prévoit le retour : " Il méditera en silence sa vengeance : tout à coup, après un an ou deux de repos [...] il nous appellera aux armes [...] franchira les places de sûreté [...] ".

La brochure est divisée en trois parties:
la première la plus longue (presque les deux tiers) et la plus féroce traite "De Buonaparte et des Bourbons, et de la nécessité de se rallier à nos princes légitimes pour le bonheur de la France et celui de l'Europe." s’ouvrant sur cette interrogation " Comment expliquer les fautes de cet insensé ?" Un crime majeur et impardonnable : " Il a fait périr dans les onze années de son règne plus de cinq millions de Français, ce qui surpasse le nombre de ceux que nos guerres civiles ont enlevés pendant trois siècles, sous les règnes de Jean, de Charles V, de Charles VI, de Charles VII, de Henri II, de François II, de Charles IX, de Henri III et de Henri IV. Dans les douze derniers mois qui viennent de s'écouler, Buonaparte a levé (sans compter la garde nationale) treize cent mille hommes, ce qui est plus de cent mille hommes par mois : et on a osé lui dire qu'il n'avait dépensé que le luxe de la population. "

La deuxième traite "Des Bourbons" , face au « roi prolétaire », Chateaubriand reste attaché à ses origines nobles, à cette classe, à ses mœurs " ingagnables" :
" Relevons la monarchie de Clovis, l'héritage de saint Louis, le patrimoine de Henri IV. Les Bourbons seuls conviennent aujourd'hui à notre situation malheureuse, sont les seuls médecins qui puissent fermer nos blessures La modération, la paternité de leurs sentiments, leurs propres adversités, conviennent à un royaume épuisé, fatigué de convulsions et de malheurs. Tout deviendra légitime avec eux, tout est illégitime sans eux Leur seule présence fera renaître l'ordre dont ils sont pour nous le principe. Ce sont de braves et illustres gentilshommes, autant et plus Français que nous. Ces seigneurs des fleurs de lis furent dans tous les temps célèbres par leur loyauté ; ils tiennent si fort à la racine de nos moeurs, qu'ils semblent faire partie même de la France et lui manquer aujourd'hui comme l'air et le soleil ".

La troisième "Des Alliés" :
" Au reste, les rois peuvent-ils douter de l'opinion de la France ? croient-ils qu'ils seraient parvenus aussi facilement jusqu'au Louvre si les Français n'avaient espéré en eux des libérateurs ? N'ont-ils pas vu dans toutes les villes où ils sont entrés des signes manifestes de cette espérance ? Qu'entend-on en France depuis six mois, sinon ces paroles : Les Bourbons y sont-ils ? Où sont les princes ? viennent-ils ? Ah ! si l'on voyait un drapeau blanc ! D'une autre part, l'horreur de l'usurpateur est dans tous les coeurs. Il inspire tant de haine, qu'il a balancé chez un peuple guerrier ce qu'il y a de dur dans la présence d'un ennemi ; on a mieux aimé souffrir une invasion d'un moment que de s'exposer à garder Buonaparte toute la vie »
Chateaubriand qui écrira dans les Mémoires " À l’instar des dieux d’Homère il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté, et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille " :volatilize: .

Extraits de la première partie :
"Au défaut des droits de la naissance, un usurpateur ne peut légitimer ses prétentions au trône que par des vertus : dans ce cas, Buonaparte n'avait rien pour lui, hors des talents militaires, égalés, sinon même surpassés par ceux de plusieurs de nos généraux. Pour le perdre, il a suffi à la Providence de l'abandonner et de le livrer à sa propre folie.

Un roi de France disait que " si la bonne foi était bannie du milieu des hommes, elle devrait se retrouver dans le coeur des rois " cette qualité d'une âme royale manqua surtout à Buonaparte. Les premières victimes connues de la perfidie du tyran furent deux chefs des royalistes de la Normandie MM. de Frotté et le baron de Commarque eurent la noble imprudence de se rendre à une conférence où on les attira sur la foi d'une promesse ; ils furent arrêtés et fusillés. Peu de temps après, Toussaint-Louverture fut enlevé par trahison en Amérique, et probablement étranglé dans le château où on l'enferma en Europe.
La plume d'un Français se refuserait à peindre l'horreur de ses champs de bataille ; un homme blessé devient pour Buonaparte un fardeau : tant mieux s'il meurt, on en est débarrassé. Des monceaux de soldats mutilés, jetés pêle-mêle dans un coin, restent quelquefois des jours et des semaines sans être pansés : il n'y a plus d'hôpitaux assez vastes pour contenir les malades d'une armée de sept ou huit cent mille hommes, plus assez de chirurgiens pour les soigner. Nulle précaution prise pour eux par le bourreau des Français : souvent point de pharmacie, point d'ambulance, quelquefois même pas d'instruments pour couper les membres fracassés. Dans la campagne de Moscou, faute de charpie, on pansait les blessés avec du foin ; le foin manqua, ils moururent. On vit errer cinq cent mille guerriers, vainqueurs de l'Europe, la gloire de la France ; on les vit errer parmi les neiges et les déserts, s'appuyant sur des branches de pin, car ils n'avaient plus la force de porter leurs armes, et couverts, pour tout vêtement, de la peau sanglante des chevaux qui avaient servi à leur dernier repas. De vieux capitaines, les cheveux et la barbe hérissés de glaçons, s'abaissaient jusqu'à caresser le soldat à qui il était resté quelque nourriture, pour en obtenir une chétive partie : tant ils éprouvaient les tourments de la faim ! Des escadrons entiers, hommes et chevaux, étaient gelés pendant la nuit ; et le matin on voyait encore ces fantômes debout au milieu des frimas. Les seuls témoins des souffrances de nos soldats dans ces solitudes étaient des bandes de corbeaux et des meutes de lévriers blancs demi-sauvages, qui suivaient notre armée pour en dévorer les débris.
Né surtout pour détruire, Buonaparte porte le mal dans son sein, tout naturellement, comme une mère porte son fruit, avec joie et une sorte d'orgueil. Il a l'horreur du bonheur des hommes ; il disait un jour : " Il y a encore quelques personnes heureuses en France ; ce sont des familles qui ne me connaissent pas, qui vivent à la campagne, dans un château, avec 30 ou 40 000 liv. de rente ; mais je saurai bien les atteindre. " Il a tenu parole. Il voyait un jour jouer son fils ; il dit à un évêque présent : " Monsieur l'évêque, croyez-vous que cela ait une âme ? " Tout ce qui se distingue par quelque supériorité épouvante ce tyran ; toute réputation l'importune. Envieux des talents, de l'esprit, de la vertu, il n'aimerait pas même le bruit d'un crime, si ce crime n'était pas son ouvrage. Le plus disgracieux des hommes, son grand plaisir est de blesser ce qui l'approche, sans penser que nos rois n'insultaient jamais personne, parce qu'on ne pouvait se venger d'eux ; sans se souvenir qu'il parle à la nation la plus délicate sur l'honneur, à un peuple que la cour de Louis XIV a formé, et qui est justement renommé pour l'élégance de ses moeurs et la fleur de sa politesse. Enfin Buonaparte n'était que l'homme de la prospérité ; aussitôt que l'adversité, qui fait éclater les vertus, a touché le faux grand homme, le prodige s'est évanoui : dans le monarque on n'a plus aperçu qu'un aventurier, et dans le héros qu'un parvenu à la gloire.

Lorsque Buonaparte chassa le Directoire, il lui adressa ce discours :

" Qu'avez-vous fait de cette France que je vous ai laissée si brillante ? Je vous ai laissé la paix, j'ai retrouvé la guerre ; je vous ai laissé des victoires, j'ai retrouvé des revers ; je vous ai laissé les millions de l'Italie, et j'ai trouvé partout des lois spoliatrices et la misère. Qu'avez-vous fait de cent mille Français que je connaissais tous, mes compagnons de gloire ? Ils sont morts. Cet état de choses ne peut durer ; avant trois ans il nous mènerait au despotisme : mais nous voulons la république, la république assise sur les bases de l'égalité, de la morale, de la liberté civile et de la tolérance politique, etc. "

Aujourd'hui, homme de malheur, nous te prendrons par tes discours, et nous t'interrogerons par tes paroles. Dis, qu'as-tu fait de cette France si brillante ? Où sont nos trésors, les millions de l'Italie, de l'Europe entière ? Qu'as-tu fait, non pas de cent mille, mais de cinq millions de Français que nous connaissions tous, nos parents, nos amis, nos frères ? Cet état de choses ne peut durer ; il nous a plongés dans un affreux despotisme. Tu voulais la république, et tu nous as apporté l'esclavage.

En vain prétendrait-on que Buonaparte n'est pas étranger : il l'est aux yeux de toute l'Europe, de tous les Français non prévenus ; il le sera au jugement de la postérité : elle lui attribuera peut-être la meilleure partie de nos victoires, et nous chargera d'une partie de ses crimes. Buonaparte n'a rien de français, ni dans les moeurs, ni dans le caractère. Les traits mêmes de son visage montrent son origine. La langue qu'il apprit dans son berceau n'était pas la nôtre, et son accent comme son nom révèlent sa patrie. Son père et sa mère ont vécu plus de la moitié de leur vie sujets de la république de Gênes. Lui-même est plus sincère que ses flatteurs : il ne se reconnaît pas Français ; il nous hait et nous méprise. Il lui est plusieurs fois échappé de dire : Voilà comme vous êtes, vous autres Français . Dans un discours, il a parlé de l'Italie comme de sa patrie, et de la France comme de sa conquête. Si Buonaparte est Français, il faut dire nécessairement que Toussaint-Louverture l'était autant et plus que lui : car enfin il était né dans une vieille colonie française et sous les lois françaises ; la liberté qu'il avait reçue lui avait rendu les droits du sujet et du citoyen. Et un étranger élevé par la charité de nos rois, occupe le trône de nos rois et brûle de répandre leur sang ! Nous prîmes soin de sa jeunesse, et par reconnaissance il nous plonge dans un abîme de douleur ! Juste dispensation de la Providence ! les Gaulois saccagèrent Rome, et les Romains opprimèrent les Gaules ; les Français ont souvent ravagé l'Italie, et les Médicis, les Galigaï, les Buonaparte, nous ont désolés. La France et l'Italie devraient enfin se connaître et renoncer pour toujours l'une à l'autre.

Qu'il sera doux de se reposer enfin de tant d'agitations et de malheurs sous l'autorité paternelle de notre souverain légitime ! Nous avons pu un moment être sujets de la gloire que nos armes avaient répandue sur Buonaparte ; aujourd'hui qu'il s'est dépouillé lui-même de cette gloire, ce serait trop que de rester l'esclave de ses crimes. Rejetons cet oppresseur comme tous les autres peuples l'ont déjà rejeté. Qu'on ne dise pas de nous : Ils ont tué le meilleur et le plus vertueux des rois ; ils n'ont rien fait pour lui sauver la vie, et ils versent aujourd'hui la dernière goutte de leur sang, ils sacrifient les restes de la France pour soutenir un étranger qu'eux-mêmes détestent. Par quelle raison cette France infidèle justifierait-elle son abominable fidélité ? Il faut donc avouer que ce sont les forfaits qui nous plaisent, les crimes qui nous charment, la tyrannie qui nous convient. Ah ! si les nations étrangères, enfin lasses de notre obstination, allaient consentir à nous laisser cet insensé ; si nous étions assez lâches pour acheter par une partie de notre territoire la honte de conserver au milieu de nous le germe de la peste et le fléau de l'humanité, il faudrait fuir au fond des déserts, changer de nom et de langage, tâcher d'oublier et de faire oublier que nous avons été Français.

Pensons au bonheur de notre commune patrie ; songeons bien que notre sort est entre nos mains : un mot peut nous rendre à la gloire, à la paix, à l'estime du monde, ou nous plonger dans le plus affreux comme dans le plus ignoble esclavage. Relevons la monarchie de Clovis, l'héritage de saint Louis, le patrimoine de Henri IV. Les Bourbons seuls conviennent aujourd'hui à notre situation malheureuse, sont les seuls médecins qui puissent fermer nos blessures La modération, la paternité de leurs sentiments, leurs propres adversités, conviennent à un royaume épuisé, fatigué de convulsions et de malheurs. Tout deviendra légitime avec eux, tout est illégitime sans eux Leur seule présence fera renaître l'ordre dont ils sont pour nous le principe. Ce sont de braves et illustres gentilshommes, autant et plus Français que nous. Ces seigneurs des fleurs de lis furent dans tous les temps célèbres par leur loyauté ; ils tiennent si fort à la racine de nos moeurs, qu'ils semblent faire partie même de la France et lui manquer aujourd'hui comme l'air et le soleil."

:salut:
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