} } ?>
Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 483

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 112

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 112

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 112

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 112

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 112

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 112

Deprecated: preg_replace(): The /e modifier is deprecated, use preg_replace_callback instead in /public_html/forum/includes/bbcode.php on line 112
• Afficher le sujet - SOUVENIRS DE SAINTE-HELENE

Rechercher dans le forum :

Google: Yahoo: MSN:



SOUVENIRS DE SAINTE-HELENE

Espace consacré à Napoléon Bonaparte et au Premier Empire. Merci de rester courtois dans vos échanges.

Modérateur: Christophe

SOUVENIRS DE SAINTE-HELENE

Messagede Route Napoleon » Mer 16 Janvier 2008 : 23:42

Je viens de retrouver dans un vieux numéro du Souvenir Napoléon de 1974, publie par le Docteur Guy Godlewski, les Souvenirs de Sainte-Hélène d'Etienne Bouges...

Etienne Bouges est né le 2 juin 1795, à Lye dans l’Indre où son père est régisseur d’une propriété à M.Henry Bertrand, père du futur Grand maréchal de Napoléon. Il reçoit une éducation primaire assez soignée grâces aux libéralités de son protecteur comme il était d’usage dans la bonne bourgeoisie et dans la noblesse pour les enfants de fidèles serviteurs ;
A dix-neuf ans, il est enrôlé avec sa classe et affecté à un bataillon d’instruction de la Jeune Garde à Fontainebleau. Licencié à la Première Restauration puis remobilisé aux Cent-Jours, il est définitivement renvoyé dans ses foyers à la fin de 1815, et entre au service de M. Henry Bertrand à Châteauroux.

Trois ans plus tard, le Grand maréchal écrit à son père pour lui demander un valet de chambre et une femme de chambre en remplacement du couple qu’il vient de renvoyer en Europe. Etienne Bouges s’offre spontanément et voici ce jeune homme de vingt-trois ans partant pour Sainte-Hélène au service du général Bertrand qu’il n’a vu qu’une seule fois pendant les Cent-Jours. Il est chargé de messages oraux, transmis à Paris par le comte de Sémonville pour son gendre Montholon et à Londres par le marquis d’Osmond pour le couple Bertrand. Messages appris par cœur…
Il arrive à Longwood en mars 1819 et va jusqu’en mai 1821 exercer la fonction de majordome auprès du Grand maréchal dont la domesticité, comme celle de l’Empereur, est nombreuse. Bien que la maison des Bertrand soit située dans le domaine de Longwood à un jet de pierre de celle de Napoléon, Bourges ne s’y rend pas souvent, mais entretient quelques rapports avec le Docteur Antommarchi et le Piqueur Archambault. Aucun des Mémorialistes de la dernière période ne font mention d’Etienne Bouges si ce n’est Bertrand qui fait allusion à l’arrivée « d’un domestique francais, porteur de nouvelles de sa famille. »

Rentrés de Sainte-Hélène, Etienne reste au service des Bertrand jusqu’en 183 date à laquelle, sur recommandation de la Comtesse, il est nommé Vérificateur des Poids et Mesure, de l’arrondissement de Le Blanc( jolie petite ville étape, pour me rendre à l’Angles-sur l’Anglin). Il se marie et en 1855 prend sa retraite pour se retirer à Lye . En 1862, il obtient de napoléon III la croix de la Légion d’Honneur pour services rendus à son oncle.
En 1875, il éprouve le besoin à 80 ans et devenu presque aveugle de dicter ses souvenirs au Docteur Fauconneau-Dufresne de Châteauroux, ville dont il fut le maire. Ce manuscrit est arrivé à Gap par l’arrière-petit-neveu Bernard Auclair, descendant par sa mère d’un frère d’Etienne Bouges, qui devait décéder en 1888.
On notera que le jeune lieutenant Basil Jackson dernier des témoins de Sainte-Hélène meurt, lui, un an plus tard, en 1889…
Evidemment Etienne est âgé quand il confie ses souvenirs et ils n’ont pas la valeur d’un journal tenu quotidiennement. De plus il n’a pas été témoin important restant toujours dans un rôle effacé. Par contre il a bien observé ce qui se passe chez les Bertrand et a participé au départ de Sainte-Hélène cachant des armes de Napoléon et des papiers...
" Ni Français, ni Breton, Malouin suis, Malouin je reste "...
Avatar de l’utilisateur
Route Napoleon
Général en Chef
Général en Chef
 
Messages: 11580
Inscription: Mer 30 Octobre 2002 : 01:13
Localisation: INTRA-MUROS SAINT-MALO

Messagede Joker » Jeu 17 Janvier 2008 : 01:22

Merci à vous, cher Route, d'avoir exhumé de l'ombre la mémoire de ce personnage somme toute fort peu connu.
Ses souvenirs ne doivent pas manquer d'intérêt et ils apporteront sans doute un éclairage nouveau sur cette période de l'exil hélénien.
Savez-vous s'ils ont été publiés ailleurs que dans ce numéro du SN et s'il est toujours possible de se les procurer ?
Par ailleurs, puisque vous faites référence à Guy Godlewski, il se trouve que je viens de passer commande chez LCV de son livre consacré à l'île d'Elbe "300 jours d'exil"... :)
"On ne monte jamais si haut que quand on ne sait pas où l'on va" (Napoléon Bonaparte)

"Quand je me regarde, je me méprise, mais quand je me compare, je m'admire." (Talleyrand)
Avatar de l’utilisateur
Joker
Maréchal d'Empire
Maréchal d'Empire
 
Messages: 9298
Inscription: Jeu 11 Juillet 2002 : 02:00
Localisation: Bruxelles - Belgique

GODLEWSKI

Messagede Route Napoleon » Jeu 17 Janvier 2008 : 02:11

Non Généralissime, il n'a pas fait l'objet d'une publication, étant considéré comme "témoin mineur ".Le docteur Godlewski qui était Président sur Souvenir Napoléon dans ces années l'a reproduit dans le bulletin de l'association et je vais le retranscrire pour ceux que ça intéresse.

J'ai bien sûr cet ouvrage de Guy Godlewski dans son édition de 1961, comme ceux de Paul Bartel et Paul Gruyer et merveille, le Journal du Colonel Campbell...
Comme j'ai appris que vous allez lutiner bientôt à Porto-Ferraio, je vous mets l'eau à la bouche...
Eh oui les nouvelles vont vite sur la Route Napoléon...

Mais c'est en pensant à la Comtesse C.C. que je suis tombé de ma chaise, en relisant ce vieux bulletin du S.N.

I - MA VIE AVANT MON DEPART POUR SAINTE-HELENE

M. Bertrand possédait, depuis avant 1789, une propriété appelé Lye, dans le canton de Valencay. Mon père qui en est le régisseur, y demeure 36 ans, habitant une partie du vieux château. Il avait 3 enfants dont j’étais l’aîné. M. Bertrand m’a fait venir à Châteauroux pour ma première communion, me loge chez lui et m’envoie suivre les classes de l’école. Au bout de quelques années, je retourne chez mon père, puis à 17 ans, M. Bertrand me rappelle, me fait prendre des leçons d’écriture et de calcul. Appelé par la conscription, un an après, je suis envoyé à Fontainebleau. Je m’y trouve en 1814, au moment de l’Abdication. J’avais aperçu à Essonne, le général Bertrand et l’Empereur à cheval. Au retour de l’Empereur fin mars 1815, M. Bertrand me charge avec un nommé Piéron, du Domaine de la Bousée, de conduire à son fils au Palais de l’Elysée deux fourgons qui avaient été envoyés à Châteauroux par le général avant son départ pour l’île d’Elbe. On a répandu le bruits que ces fourgons étaient remplis de trésors. C’étaient tout simplement des harnais de luxe. Nous conduisons ces fourgons avec les chevaux qui avaient servi à les amener et revenus depuis à Châteauroux. La remise de ces fourgons me procure l’occasion de voir pour la première fois le général Bertrand. Il me donne 40 frs de récompense.
Après ce voyage, ma classe ayant été rappelée à faire partie de l’armée, je suis envoyé à Paris pour rentrer dans le même bataillon de Jeune Garde. Les événements me font rester à Paris et au licenciement général je reviens chez mon père et me remets au travail avec lui. J’avais 19 ans et je comptais rester dans ma famille quand je suis rappelé à Châteauroux, chez M. Bertrand-Boislarge, cadet du général Bertrand, qui a cessé d’être inspecteur général des Eaux et Forêts, était revenu chez son père. On avait besoin d’augmenter le service de la maison.
Au bout de quelques années, le général Bertrand ayant écrit à son père de chercher à lui envoyer un serviteur à Sainte-Hélène, on trouve un jeune homme qui demande un traitement considérable et en cas de mort une pension viagère pour son père et sa mère. J’entends parler de cette négociation par Mme Julien, femme de confiance de la maison et je dis que, si on veut de moi, je partirais sans condition. Je désire reconnaître la bienveillance que M. Bertrand m’a manifestée dès mon enfance et je me fais gloire d’approcher le Grand Maréchal et d’apercevoir le Grand Empereur. Mon offre spontanée comble de joie M. Bertrand...
" Ni Français, ni Breton, Malouin suis, Malouin je reste "...
Avatar de l’utilisateur
Route Napoleon
Général en Chef
Général en Chef
 
Messages: 11580
Inscription: Mer 30 Octobre 2002 : 01:13
Localisation: INTRA-MUROS SAINT-MALO

Messagede Joker » Jeu 17 Janvier 2008 : 02:32

Comme j'ai appris que vous allez lutiner bientôt à Porto-Ferraio, je vous mets l'eau à la bouche...


Vous ne pouviez davantage me faire plaisir qu'en publiant ces Mémoires.
Je vous sais gré du temps que vous allez y consacrer et, pour vous remercier, ramènerai une bouteille de vin elbois à votre intention.
Elle vous sera remise au salon du livre napoléonien à Ligny. :)
"On ne monte jamais si haut que quand on ne sait pas où l'on va" (Napoléon Bonaparte)

"Quand je me regarde, je me méprise, mais quand je me compare, je m'admire." (Talleyrand)
Avatar de l’utilisateur
Joker
Maréchal d'Empire
Maréchal d'Empire
 
Messages: 9298
Inscription: Jeu 11 Juillet 2002 : 02:00
Localisation: Bruxelles - Belgique

BOUTEILLES

Messagede Route Napoleon » Jeu 17 Janvier 2008 : 02:43

Généralissime, je vous remercie grandement.

Votre bouteille de l'île d'Elbe rejoindra une bouteille de Vin de Constance ramenée de Sainte-Hélène par notre bon D'Hautpoul, dont il m'a généreusement fait cadeau
et une bouteille d'un petit vin, achetée sur cette 'île d'Aix, qui ne vous est pas inconnue...
" Ni Français, ni Breton, Malouin suis, Malouin je reste "...
Avatar de l’utilisateur
Route Napoleon
Général en Chef
Général en Chef
 
Messages: 11580
Inscription: Mer 30 Octobre 2002 : 01:13
Localisation: INTRA-MUROS SAINT-MALO

DEPART

Messagede Route Napoleon » Jeu 17 Janvier 2008 : 12:18

II – MON DEPART POUR SAINTE-HELENE ET MON VOYAGE

M. Bertrand fait un voyage à Paris pour préparer les voies. Mon départ est assez longtemps suspendu parce qu’on cherche un femme de chambre que Madame la comtesse Bertrand désire qu’on lui envoie en même temps. Mon passeport à l’étranger est, par cette raison, révisé plusieurs fois. On y met homme et femme de chambre attachés au service du général Bertrand. Comme on ne peut se procurer à Châteauroux une femme qui a le courage de faire ce voyage, je pars seul. M. de Vérigny était Préfet de l’Indre, mais c’est M. de Passardy, conseiller de Préfecture, qui, en son absence, appose la dernière signature.
Enfin je quitte Châteauroux au mois d’octobre 1818. C’est à Paris qu’on trouve une femme de chambre. Elle est trouvée par un ancien cocher du général Bertrand nommé Henri. Cette fille, appelée Soudan, avait une inclinaison pour un militaire ne convenant pas à sa famille, bien aise d’éloigner sa fille. Mais avant que je quitte Châteauroux, M. Bertrand m’a donné des instructions pour son fils. Il me les fait apprendre par cœur et on me fait réciter pour être bien sûr que je peux les retransmettre exactement. Il donne des nouvelles de toute la famille et désire surtout savoir la position du général. Il lui recommande, quand il répond, se mettre à la fin des premières lignes un point qui signifie 100.000 frs et ainsi de suite. Ces précautions ne sont pas inutiles en raison de l’inquisition rigoureuse que le Gouverneur de Sainte-Hélène exerce sur tout ce qui entre dans l’île.
Je ne reste à paris que quelques jours et uniquement pour attendre que la femme de chambre soit prête et pour recevoir de M. Cottenet, notaire du général, les fonds nécessaire à mon voyage. M. Cottenet me recommande à l’un de ses anciens collègues, M ; de Faucompret, qui après avoir fait de mauvaises affaires, s’est retiré à Londres où il s’occupe de traduire en Français les romans de Walter Scott.
Pendant mon court séjour à Paris, on me remet une lettre de M. le comte d’Osmond, Ambassadeur de France en Angleterre. Je dois l’apprendre par cœur et ensuite la récrire moi-même, pou la remettre au général Bertrand. Je la répète tant de fois, pendant mes traversées, que je suis sûr encore aujourd’hui, après 56 ans, de n’en omettre aucune syllabe. Cette lettre était conçue en ces termes :
« Madame Bertrand concilie les suffrages universels. Il serait à désirer que son mari réprimât l’aigreur trop prononcée dans sa correspondance avec Sir Hudson. Elle pourrait rendre, à la fin, la situation plus fâcheuse. Le malheur commande l’indulgence, mais on ne doit pas la mettre à trop grande épreuve. «
Dans le même temps, on me prie de la part de M. le comte de Sémonville, de dire à son beau-fils le général Montholon : « de ne jamais quitter l’Empereur et que, cela étant, tout serait sauvé; au contraire tout serait perdu. »
Arrivé à Calais, avec la femme de chambre Soudan, nous nous embarquons sur le paquebot l’Iris. Une fois à Londres, M. de Faucompret nous avait retenu un logement chez un traiteur Français, nommé Giraud., Castel Street, Leicester Square. Cette adresse nous ayant été fournie par M. Cottenet, on s’y rend directement.
Mon séjour à Londres dure presque un mois. La femme de chambre a beaucoup souffert de la traversée. Elle se dit malade et veut retourner à paris. Elle repart en effet, au bout de quelques jours. J’ai eu l’occasion de la revoir à mon retour de Sainte-Hélène : elle s’est mariée avec son amoureux.
M. Bertrand m’a écrit et m’engage à retarder mon départ pour attendre l’arrivée d’une autre femme de chambre qu’on espère se procurer. Mais ennuyé de me promener dans Londres, je me décide à partir seul et je peux prendre passage, à Gravesend, sur un navire qui porte les dépêches au Cap de Bonne Espérance. Ce navire s’appelle Kit Paquet. M. de Faucompret avait fait payer, à Londres, ma traversée. Je suis à la table du capitaine.
On signale, en passant, Madère, le Cap Vert et les canaries. Quand la mer est grosse, je suis assez malade. Il y a sur ce navire, comme passagers, trois hommes qui sont des artisans, trois demoiselles et une femme de chambre : ces demoiselles vont se marier au Cap avec des officiers de la garnison.
Nous mettons deux mois et demi pour arriver au Cap, car, à cette époque, on ne connaît pas les bateaux à vapeur. J’ai une lettre pour le Gouverneur de la Colonie et je descends chez le Commissaire Français qui se nomme M. Desercotets. Peu de jours après, je m’embarque pour Sainte-Hélène sur un transport qui a une quantité de boeufs sur le pont pour le service de cette île. Je suis dans une cabine avec un jeune officier Anglais, qui me paraît être là comme aux arrêtes. Mais comme il ne sait pas plus le Français que moi l’Anglais, nous ne pouvons nous entendre si ce n’est par signes pour les choses essentielles.
" Ni Français, ni Breton, Malouin suis, Malouin je reste "...
Avatar de l’utilisateur
Route Napoleon
Général en Chef
Général en Chef
 
Messages: 11580
Inscription: Mer 30 Octobre 2002 : 01:13
Localisation: INTRA-MUROS SAINT-MALO

ARRIVEE

Messagede Route Napoleon » Jeu 17 Janvier 2008 : 21:41

III - MON ARRIVEE A SAINTE-HELENE

Enfin j’arrive à Sainte-Hélène vers le milieu de janvier 1819 après une traversée de quinze jours ;
Note de G. Godlewski : Inexact : Le Grand maréchal Bertrand note dans ses Cahiers à la date du 11 mars 1819 : « La Hyène arrive du Cap et amène un domestique Français parti d’Angleterre le 1er décembre 1818 ; il est venu en 80 jours, est resté 8 jours au Cap. Il a été 12 jours dans la traversée du Cap à Sainte-Hélène. Il donnes des nouvelles de la famille Bertrand » Tome II - page314

Mon débarquement est annoncé : un agent Anglais, envoyé par le Gouverneur Hudson, vient me prendre et m’amener chez ce dernier avec mes bagages. Le Gouverneur habite Plantation House mais il a un pied-à-terre à Jamestown, qui est une ville d’environ 3.000 âmes et seul port de l’île.
Note De G. Godlewski : Il s’agit en réalité des bureaux du Gouverneur installés au Château de Jamestown

Outre ma malle, j’ais des caisses pour Madame la Comtesse Bertrand. Elles contenaient des objets de toilette qui ont été confectionnés à Londres par les soins de Lady Holland qui s’intéresse beaucoup aux exilés de Sainte-Hélène
Note de G. Godlewski : Lady Holland et son mari, neveu de Fox, sont en effet les plus fervents défenseurs de Napoléon à Londres pendant la captivité. Amie de la duchesse de Fitz-James, demi-sœur de Fanny Bertrand, elle fait venir à plusieurs reprises à cette dernière des robes, du linge et des friandises, ainsi qu’à Napoléon, des livres et des journaux. De son côté Lord Holland, un des leaders de l’opposition libérale, éleva au Parlement des retentissantes protestations contre les conditions de sa détention et les stupides brimades d’Hudson Lowe

Le Gouverneur visite minutieusement ma malle, ainsi que les caisses de Mme la Comtesse Bertrand. Il me demande si je suis porteur de lettres ou d’écrits. Je réponds que non et l’on ne cherche pas sur moi. Mes colis sont alors placés sur une charrette et conduits à Longwood. Je suis à pied. Il me semble que les habitants de Jamestown me regardent d’un air ironique. La distance est de six kilomètres, en raison des détours que les montagnes obligent à faire.
Note : Exact, l’unique route de Jamestown monte d’abord en lacets pour atteindre le plateau, puis, après avoir contourné la profonde dépression du « Bol à punch du diable »(Fishers’s Valley) avant d’attaquer l’enceinte de Longwood.

Arrivé à la demeure du général Bertrand, cet excellent maître court vers moi, m’embrasse en versant des larmes, me demande des nouvelles de sa famille et me dit que mon arrivée, qu’il attendait avec impatience, est un des plus beaux jours de sa vie. Il me présente à Madame la Comtesse qui me reçoit avec le même empressement et la même affabilité.
Il établit mes appointements à 1.200 frs : M. Bertrand m’en avait promis 600.
Note de G. : A titre de comparaison, le salaire annuel de Marchand, premier valet de chambre de Napoléon est fixé à 8.000 frs, ceux d’Ali, Saint-Denis et Noverraz à 4.000.

Dès que je suis un peu reposé, je me mets à écrire tout ce que M. Bertrand père m’avait chargé de transmettre à son fils. Peu de jours après l’Empereur que l’on a informé de mon arrivée, car l’introduction d’un Français est un événement, me fait demander. J’ai dit que j’avais eu l’occasion de l’apercevoir à Essonne, mais me trouvant pour le première fois en sa présence, je ne sais rendre l’impression que j’en ressentis. Il est debout dans son costume habituel : habit bourgeois, veste et culotte de casimir blanc, bas de soie blanche, souliers à boucles d’or et son chapeau traditionnel. Il a sur son habit, la plaque de la Légion d’Honneur. Il me fait de brèves questions sur mon voyage et finit par dire « Que pense-t-on en France ? »
Je réponds qu’on espère son retour. « Je n’y reviendrais jamais, reprend-il vivement, allons, allons, ajoute-t-il, adieu Berrichon »

Note G. Godlewski : Ni les Cahiers de Bertrand, ni les récits de la Captivité de Montholon, ni les Mémoires de Marchand, ni les Souvenirs d’Ali, ni les Journaux du Docteur Verling et du Capitaine Nicholls, pourtant en poste à Longwood et à l’affût du moindre événement, ne font mention de cette audience accordée par Napoléon à Bouges. En fait son arrivée à Longwood passa totalement inaperçue, contrairement à ce qu’il prétend. Seule l’allusion du Grand maréchal citée plus haut la confirme. La venue de Bouges en mars 1819 se situe, il est vrai, au cours d’une période de tension extrême entre Lowe et son prisonnier, celui-ci venant d’être gravement malade en janvier et refusant de se montrer à l’officier d’ordonnance Anglais, en représailles de l’arrestation de son médecin, le Dr.Stokoë. Les Mémoriaux sont centrés, pendant cette crise, sur des échanges de notes quotidiennes virulentes, ce qui explique peut-être l’absence d’intérêt par cette présence nouvelle qui, en des temps plus calmes, eût alimenté les conversations. Ultérieurement aucun Mémorialiste ne mentionne Bouges au cours des vingt-six mois de son séjour, sans doute en raison de la minceur du personnage. Cela n’infirme pas la véracité de l’entrevue qui semble conforme à la psychologie de Napoléon avide des moindres nouvelles d’Europe
" Ni Français, ni Breton, Malouin suis, Malouin je reste "...
Avatar de l’utilisateur
Route Napoleon
Général en Chef
Général en Chef
 
Messages: 11580
Inscription: Mer 30 Octobre 2002 : 01:13
Localisation: INTRA-MUROS SAINT-MALO

Messagede Albertuk » Jeu 17 Janvier 2008 : 22:51

Bonsoir

Quelques remarques sur les notes de Godlewski:

Note G. Godlewski : Ni les Cahiers de Bertrand, ni les récits de la Captivité de Montholon, ni les Mémoires de Marchand, ni les Souvenirs d’Ali, ni les Journaux du Docteur Verling et du Capitaine Nicholls, pourtant en poste à Longwood et à l’affût du moindre événement, ne font mention de cette audience accordée par Napoléon à Bouges.

Les écrits ne font pas grand cas des serviteurs de la maison Bertrand ou de celle de Montholon. Et le terme d'audience est un bien grand mot... En fait, c'était Napoléon qui s'était rendu chez les Bertrand, sans doute pressé d'interroger Bouges sur son voyage. Le "Journal de Nicholls", publié par les Cahiers de la Sabretache et re-publié tel quel par Librairie Teissèdre est assez incomplet. La version manuscrite contient en fait ce rapport à la date du 12 mars:

J'ai vu le général Bonaparte entre 3 et 4 heures (note: de l'après-midi) qui marchait dans son petit jardin. On m'a dit que avant-hier soir il a rendu visite à Mme Bertrand vers 8 heures (note: du soir) et est resté chez les Bertrand trois quarts d'heure. Il y est allé avec un chapeau rond.

Une visite de Napoléon aussi tardive chez les Bertrand, ce qui était une chose rare au point que Nicholls ait jugé utile de le rapporter, avait certainement eu pour motif le désir de Napoléon de rencontrer Bouges, dernier venu de France. Aussi, Nicholls note l'habit bourgeois de Napoléon, avec son chapeau rond. Ceci corrobore la version de Bouges si on admet de sa part une erreur quant à ce qu'il avait appelé "son chapeau traditionnel" alors qu'il parlait lui aussi d'un habit bourgeois, comme Nicholls.

La venue de Bouges en mars 1819 se situe, il est vrai, au cours d’une période de tension extrême entre Lowe et son prisonnier, celui-ci venant d’être gravement malade en janvier et refusant de se montrer à l’officier d’ordonnance Anglais, en représailles de l’arrestation de son médecin, le Dr.Stokoë.

Janvier était déjà loin... En début mars 1819, Napoléon allait au mieux et se promenait souvent dans ses jardins. Au point que Lowe avait envoyé un rapport à Bathurst, daté du 10 mars 1819 (peut être pour être expédié avec le vaisseau Hyène), qui disait : Tout se déroule maintenant de façon ordinaire et tranquille à Longwood.
Amicalement
Albert - UK
www.lautresaintehelene.com
Avatar de l’utilisateur
Albertuk
Général de brigade
Général de brigade
 
Messages: 1276
Inscription: Mar 21 Mai 2002 : 23:35
Localisation: Londres, GB

MERCI

Messagede Route Napoleon » Jeu 17 Janvier 2008 : 22:59

Colonel Albert-UK

Ceci corrobore la version de Bouges si on admet de sa part une erreur quant à ce qu'il avait appelé "son chapeau traditionnel" alors qu'il parlait lui aussi d'un habit bourgeois, comme Nicholls


Oui, vous nous donnez un autre éclairage...

Parfait,nous avons les avis du spécialiste
Manque la Comtesse C.C. Rien que pour vous !
" Ni Français, ni Breton, Malouin suis, Malouin je reste "...
Avatar de l’utilisateur
Route Napoleon
Général en Chef
Général en Chef
 
Messages: 11580
Inscription: Mer 30 Octobre 2002 : 01:13
Localisation: INTRA-MUROS SAINT-MALO

Messagede Joker » Jeu 17 Janvier 2008 : 23:34

Mazette Jacques ! :roll:
Seriez-vous en train de vous constituer une cave impériale ?
L'idée est en tout cas plaisante... :)

Je lis avec grand plaisir le récit de Bouges, les annotations de Godlewski et les commentaires éclairés d'Albertuk.
C'est un peu ma madeleine à moi... :lol:
"On ne monte jamais si haut que quand on ne sait pas où l'on va" (Napoléon Bonaparte)

"Quand je me regarde, je me méprise, mais quand je me compare, je m'admire." (Talleyrand)
Avatar de l’utilisateur
Joker
Maréchal d'Empire
Maréchal d'Empire
 
Messages: 9298
Inscription: Jeu 11 Juillet 2002 : 02:00
Localisation: Bruxelles - Belgique

CUISINE

Messagede Route Napoleon » Ven 18 Janvier 2008 : 00:33

Généralissime, ce sont des tranches de vie, choses vues de l'office...


IV - MES FONCTIONS CHEZ LE GENERAL BERTRAND

Le général Bertrand a emmené à Sainte-Hélène de vieux serviteurs. C’est un homme nommé Bernard qui a sa femme et un fils de 15 à 16 ans, mais Bernard s’est adonné à la boisson à tel point que le général n’a pu le garder. Il est rembarqué avec sa femme et son fils. La femme de Bernard, après le retour de Sainte-Hélène, rentre chez M. Bertrand et y reste quelque temps.
Après le départ de la famille Bernard, le général a pris à son service un nommé Grafé avec sa femme, ils quittent tous deux le Commissaire Montchenu. La femme ne convient pas à Madame la Comtesse. J’ai revu Grafé à Paris, après mon retour de Sainte-Hélène. Il est cocher de cabriolet et le cheval et le cabriolet lui appartiennent.
Note de G. Godlewski : Le très précieux Saint Helena Who’s who d’Arnold Chaplin, London 1914, indique que Bernard et sa femme quittent l’île en juin 1818, parce qu’ils avaient le mal du pays. En revanche le couple Grafé n’y est pas mentionné, mais leur existence est confirmée par une allusion de Bertrand (Cahiers, II, 141) qui, sans les nommer, note à la même époque que Mme Bertrand a engagé une servante de Mme Sturmer ( Femme du Commissaire Autrichien) et son mari. Ils n’étaient donc pas au service du Commissaire de France, le Marquis de Montchenu.

Je suis chargé de la surveillance générale de la maison. Je suis bine novice pour ce service, mais je me mets promptement au courant. Les provisions arrivent tous les jours à midi de Jamestown à Longwood, et j’en reçois le quart pour la maison du général. Elles consistent en pain, vin, lait, œufs, beurre, viandes, volailles, poissons. Chaque domestique a une bouteille de vin par jour; mais l’Empereur et le général reçoivent chaque mois une provision de vin d’un meilleur chais. Le sucre blanc ou candi, le thé et le café s’envient aussi par provisions. Les provisions viennent presque toutes du Cap.
Le linge de table et de maison appartient au général; il l’avait acheté dans l’île du linge de coton, mais il se sert de l’argenterie de l’Empereur. Je commande à tous les domestiques. Il ya deux domestiques Anglais. Le premier, Becker, qui a soin des enfants du général, est un soldat du 66° régiment, faisant partie de la garnison de l’île. Le second se nomme Fletchel, c’est aussi un soldat du même régiment. Il fait le gros de l’ouvrage, comme les chaussures, etc…Un autre soldat, nommé Richard, a été au service du général comme tailleur. Il fait les vêtements des enfants; mais il passe au service de l’Empereur et c’est Fletchel qui le remplace. Il y a en outre dans la maison, trois domestiques chinois. Ils sont occupés, le premier en grade à faire la cuisine, les deux autres au service des appartements et de la cuisine. Ils conservent leur costume national, ils consomment beaucoup de thé noir et fument constamment. Ces Chinois baragouinent comme moi l’Anglais. Mais nous avons fini par nous entendre. Nous mangeons tous ensemble.
Mme la Comtesse a pour son service particulier une femme de soldat de la garnison ; elle en changeait assez souvent. Cette femme a aussi pour occupation de garder le petit Arthur qui n’a que 18 mois et que sa mère nourrit. Ce n’est pas une sinécure, car il crie beaucoup ; le général le berce souvent la nuit dans ses bras. J’ai entendu raconter que Mme la Comtesse Bertrand ayant eu l’occasion de rencontrer Hudson Lowe en promenant son enfant, lui a dit : « Monsieur le Gouverneur, je vous présente le premier Français entré dans l’île sans votre permission. Madame Bertrand a en outre une gouvernante pour ses enfants, miss Hall ; elle lui a été envoyé de Londres par une vieille connaissance Lady Jerningham, tante de cette jeune personne.
" Ni Français, ni Breton, Malouin suis, Malouin je reste "...
Avatar de l’utilisateur
Route Napoleon
Général en Chef
Général en Chef
 
Messages: 11580
Inscription: Mer 30 Octobre 2002 : 01:13
Localisation: INTRA-MUROS SAINT-MALO

Messagede Joker » Ven 18 Janvier 2008 : 01:50

Généralissime, ce sont des tranches de vie, choses vues de l'office...


Certes, mais ce qui fait l'intérêt de ces souvenirs, c'est justement qu'ils diffèrent de ce que révèlent les autres Mémoires héléniens.
C'est un peu l'exil vu des coulisses, le quotidien des humbles et des sans-grades, ceux qui vécurent dans l'ombre des grands.
Et si cela peut sembler anecdotique au regard de l'Histoire, ces tranches de vie sont néanmoins savoureuses à déguster !
"On ne monte jamais si haut que quand on ne sait pas où l'on va" (Napoléon Bonaparte)

"Quand je me regarde, je me méprise, mais quand je me compare, je m'admire." (Talleyrand)
Avatar de l’utilisateur
Joker
Maréchal d'Empire
Maréchal d'Empire
 
Messages: 9298
Inscription: Jeu 11 Juillet 2002 : 02:00
Localisation: Bruxelles - Belgique

Messagede Albertuk » Ven 18 Janvier 2008 : 01:53

Bonsoir

Tout d'abord, j'avais oublié de remercier aussi notre ami pour nous faire partager ce texte et les notes, parfois erronées, de Godlewski. Voici mes remarques sur ce texte-ci:

Note de G. Godlewski : Le très précieux Saint Helena Who’s who d’Arnold Chaplin, London 1914, indique que Bernard et sa femme quittent l’île en juin 1818, parce qu’ils avaient le mal du pays.

Le couple Bernard était en fait le couple Heyman. Bernard était son prénom. Bernard Heyman était flamand. Cette famille quitte l'île le 8 juin 1818, aussi avec le couple formé par le cuisinier Lepage, sa concubine la cuisinière belge Jeanette ainsi que... leur bébé (ils n'étaient cependant pas mariés). Ces serviteurs avaient fait près de 3 ans de service depuis le départ de Malmaison.

En revanche le couple Grafé n’y est pas mentionné, mais leur existence est confirmée par une allusion de Bertrand (Cahiers, II, 141) qui, sans les nommer, note à la même époque que Mme Bertrand a engagé une servante de Mme Sturmer ( Femme du Commissaire Autrichien) et son mari. Ils n’étaient donc pas au service du Commissaire de France, le Marquis de Montchenu.

Le couple Guillaume Graff et Adèle Belleville (son prénom était en fait Marie Adélaïde) rejoint le service Bertrand le 22 juin 1818. Ils étaient arrivés célibataires avec les Stürmer et s'étaient mariés à Sainte-Hélène le 31 juillet 1817. Logiquement ils auraient dû repartir avec les Stürmer en juillet 1818, car ce dernier était rappelé de son service. Mais Adèle était sur le point d'accoucher alors ils durent rester. Elle donna naissance à un fils, né le 1er juillet 1818.
Le 17 juin 1819, Adèle montre de l'impertinence à Mme Bertrand qui décide de renvoyer le couple aussitôt. Je pense que Adèle l'avait fait exprès pour pouvoir quitter l'île. Son enfant avait un an et pouvait alors supporter la traversée. Coup de chance: Mme de Montholon devait retourner en Europe à cette même période et le couple fut engagé à son service pour cette traversée.
A cette même période de juin 1818, Mary Hall arrive d'Angleterre pour être la gouvernante des enfants Bertrand. Elle se mariera avec Ali, et se plaignait des remarques déplaisantes des garçons Bertrand à son égard. Elle finit par quitter le service Bertrand et loger avec son mari à Longwood.
Donc Bouges arrive plusieurs semaines avant le départ des Graff.

Mme la Comtesse a pour son service particulier une femme de soldat de la garnison ; elle en changeait assez souvent.

Exact, Mme Bertrand semblait assez capricieuse avec ses femmes de chambre et les renvoyait au moindre écart. La femme dont il est question ici est l'épouse du même Fletcher dont parle Bouges.

J’ai entendu raconter que Mme la Comtesse Bertrand ayant eu l’occasion de rencontrer Hudson Lowe en promenant son enfant, lui a dit : « Monsieur le Gouverneur, je vous présente le premier Français entré dans l’île sans votre permission.

On peut vraiment douter que Mme Bertrand ait fait cette remarque à Lowe, elle qui voulait plutôt éviter tout accroc avec le gouverneur et les Anglais. Comme on le sait, elle avait fait cette remarque à Napoléon. Et comme on sait, Mme Montholon avait donné naissance à une fille avant la naissance d'Arthur Bertrand.
Amicalement
Albert - UK
www.lautresaintehelene.com
Avatar de l’utilisateur
Albertuk
Général de brigade
Général de brigade
 
Messages: 1276
Inscription: Mar 21 Mai 2002 : 23:35
Localisation: Londres, GB

Messagede d'hautpoul » Ven 18 Janvier 2008 : 11:52

Bonjour

Merci Cher Route d'avoir eu le courage de transcrire toutes ces pages des Mémoires de Bouges.
J'en avais parlé, tres brièvement ici en évoquant "les armes de Sainte-Hélène"

http://www.napoleon1er.org/forum/viewto ... ght=bouges

A défaut de vin de constance ou de celui de l'Île d'Elbe, nous avons quand même levé le verre de l'amitié avec notre Ami commun :le President à vie Louis, au Siége de la Délègation de Provence du SN de Marseille, Mardi soir!
Demain à 14h30, à Tarascon Maître Alric fait une conférence sur les " coalitions pendant l'Empire"Je vais retrouver Eugène de Beauharnais et la "Tarasque"Bbea, mais pour éviter que leur esprit ne s'échauffe je leur réserve plutôt une eau minérale d'Elbe "oligminerale Fonte NapoleonE" :boire2:
Le coeur d'un homme d'Etat doit être dans sa tête.
Avatar de l’utilisateur
d'hautpoul
Général de brigade
Général de brigade
 
Messages: 1588
Inscription: Lun 20 Octobre 2003 : 19:33

LOULOU

Messagede Route Napoleon » Ven 18 Janvier 2008 : 13:18

Grand merci mon Général et groooosssses bises à tous à Tarascon, sous le soeli exactement...

Vous avez bien de la chance : moi je pars pour une escapade parisienne, donc à lundi pour la suite d'Etienne Bouges.

Longue vie à notre bien-aimé Président Louis le Magnifique !!!
" Ni Français, ni Breton, Malouin suis, Malouin je reste "...
Avatar de l’utilisateur
Route Napoleon
Général en Chef
Général en Chef
 
Messages: 11580
Inscription: Mer 30 Octobre 2002 : 01:13
Localisation: INTRA-MUROS SAINT-MALO

Suivante

Retourner vers Salon 1er Empire

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 4 invités